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Entretien : Être livreur Uber Eats à l’heure du confinement

Pierre-Emmanuel  est étudiant en 2ème année en LLCER à l’université Bretagne Sud. Il est aussi livreur Uber Eats à Lorient. Il a accepté de répondre à nos questions concernant son travail dans la période. 

Pierre-Emmanuel  a rejoint Uber Eats, avant tout pour des questions économiques afin de poursuivre ses études : « Ma Famille n’habitant pas  Lorient, j’ai dû trouver un logement pour continuer mes études. Uber Eats m’a permis, moi qui aime le sport, de devenir autonome, tout en ayant des horaires variables compatibles avec mes études ». Cependant, il reconnaît le manque de droits des employés, considérés légalement comme  auto-entrepreneurs. Avant-Garde a recueilli son expérience durant la crise sanitaire provoquée par le covid-19.

Dans cette période de crise sanitaire, quelles précautions mets-tu en place individuellement ?

Personnellement, je respecte les mesures de distanciation sociale en vigueur. A cela j’ajoute le port de gants, le lavage de mains réguliers et le port du masque. Je ne touche à aucun moment la livraison qui est déposée dans mon sac par les restaurateurs et qui est récupérée au même endroit par les clients.

As-tu mis en place ces précautions seul, ou Uber Eats donne des consignes claires et prend des dispositions supplémentaires ?

Uber Eats a effectivement informé les livreurs des différents gestes barrières à adopter et nous a donné des consignes claires sur la « livraison à distance ». A cela, ils ont ajouté un  forfait de 25 euros pour l’achat de matériels de protections. Difficile de faire mieux comme mesures de protections au travail selon moi. 

Mais le risque de contamination persiste et Uber Eats n’est pas une activité essentielle et vitale, Uber Eat ne devrait-il pas stopper ses services le temps du confinement ?

Selon moi, Uber Eats doit continuer tant que les livreurs souhaitant travailler, sont assurés de l’efficacité des mesures mises en place. De plus, Uber Eats est, pour certains restaurant, le seul moyen de garder un minimum d’activités. Pour autant, les livreurs devraient bénéficier du droit de retrait, malgré leurs statuts d’auto-entrepreneurs, en recevant une compensation calculée sur leurs anciens revenus comme il le font déjà durant 14 jours avec les livreurs contaminés.

Quid de la clientèle ? L’activité d’Uber Eats est-elle la même qu’avant ? 

Les livraisons ont baissé d’environ 30 à 50 % à mon avis. Je découvre également une nouvelle clientèle, plus âgée. C’est peut-être une période d’entrée dans de nouveaux foyers, moins jeunes, pour Uber Eats.