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Euro 2021 : ce qu’on pense de la phase de poule

Nous voici à mi-chemin de l’Euro et il est déjà temps de tirer quelques enseignements.

Les favoris au rendez-vous

Si l’Euro est une compétition d’habitude favorable aux surprises (Grèce 2004, Islande 2016…), force est de constater que les « gros » tiennent cette fois leur rang. Si l’Italie impressionne avec un carton plein au premier tour, la Belgique a démontré qu’elle disposait d’une armada offensive considérable – deux victoires « à l’extérieur » pour commencer. L’Angleterre, à défaut d’être brillante, a réussi à se sortir des pièges croates et écossais. 

Dans le groupe F, le groupe de la mort, la France a confirmé son statut de favorite en faisant preuve d’une discipline défensive remarquable. L’Allemagne s’est bien rattrapée de sa défaite initiale en dominant le Portugal. Le tenant du titre est en revanche en danger : en cas de défaite face à la France, il dépendra du résultat des autres groupes pour être repêché.

Le joueur à suivre : Denzel Dumfries

Les Pays-Bas font leur grand retour en compétition internationale après sept ans d’absence. Et si le sélectionneur Ronald de Boer, très critiqué au pays, peut s’accorder un peu de répit, il le doit en grande partie à l’arrière droit du PSV Eindhoven. Très offensif, travailleur et doté d’un gros volume de course, Dumfries a fait sensation en inscrivant deux buts lors de ses deux premiers matchs. Il se murmure qu’après une compétition estivale déjà réussie, le natif de Rotterdam pourrait s’envoler vers le Bayern Munich.

C’était le match à ne pas rater : Danemark-Belgique

Cinq jours après avoir frôlé le drame (voir plus bas), le Danemark retrouve les pelouses pour un duel au sommet avec l’ogre belge. Et la rencontre a tenu toutes ses promesses : dans leur chaudron du stade Parken, les Danois ont pris les diables rouges à la gorge, ouvrant le score dès la 2e minute. Faisant preuve de cœur et de solidarité remarquable, leurs efforts auraient dû être récompensés par un second but. Une domination stérile qui leur coûtera cher puisqu’en deuxième mi-temps, le banc belge fera toute la différence : l’entrant De Bruyne faisait profiter les diables de toute sa vista pour offrir une victoire (2-1) qui conforte la Belgique en tête du groupe.

On n’a pas aimé : la santé passe au second plan

L’Euro a failli commencer par un drame. À la 41e de Danemark-Finlande, Christian Eriksen s’effondre, victime d’une crise cardiaque. Si les secouristes, vite intervenus, ont pu ranimer la star danoise, l’image de ses coéquipiers formant un mur pour le protéger des caméras restera comme l’image forte de cette compétition. Incompréhensible en revanche est la volonté de l’UEFA de faire reprendre le match après deux heures d’interruption alors que les joueurs étaient visiblement sous le choc. La santé des joueurs semble passer derrière des considérations économiques. De nombreux joueurs et leurs syndicats alertent depuis plusieurs années déjà sur les rythmes de match insoutenables induits par la multiplication des compétitions, au détriment de la qualité du jeu. En Allemagne, Benjamin Pavard, victime d’un violent KO à la suite d’un choc, a pu reprendre le jeu comme si de rien n’était malgré le risque évident de commotion cérébrale.

Enfin, si chacun se réjouit de revoir des supporters dans les stades, la pression exercée par l’UEFA sur des États souverains pour assouplir les règles sanitaires en vigueur est insupportable. Alors que la finale devait avoir lieu à Londres, la confédération menace le Royaume-Uni – menacé par une recrudescence du variant delta du Covid – de délocaliser le match à Budapest si les quelque 2 500 officiels de l’UEFA devaient se soumettre à la même quarantaine que le commun des mortels !

On n’a pas non plus aimé : l’extrême-droite dans le foot

On peut penser – naïvement – que le football rapprocherait les peuples. Hélas, les forces réactionnaires de tous les pays semblent s’être unies pour cacher leur haine au cours de cet Euro. La France y a été particulièrement exposée par les polémiques lancées par le Rassemblement national : retour de Benzema en bleu, « hymne » de Youssoupha, genou à terre avant un match… Ce dernier, geste de solidarité avec les victimes de violences policières, est régulièrement sifflé dans les stades.

L’Ukraine avait commencé la compétition de manière belliqueuse en affichant un maillot sur lequel figurait un slogan hérité de l’Organisation des nationalistes ukrainiens. Les slogans de ce mouvement collaborationniste et fasciste sont régulièrement repris par les combattants ukrainiens dans la guerre du Donbass.

Pour célébrer son but face à la Macédoine du nord, l’Autrichien Arnautovic n’a rien trouvé de mieux pour célébrer que d’insulter en serbe ses adversaires d’origine albanaise.

Enfin, à Budapest où des groupes de supporters d’extrême-droite se font entendre en tribunes, ce sont des cris de singe qui ont accompagné le match Hongrie-France. Visiblement, ce phénomène n’empêche pas l’UEFA de considérer de délocaliser la finale dans ce stade.