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En Europe, les inégalités augmentent avec l’austérité

Le Laboratoire sur les inégalités mondiales étudie l’évolution des inégalités en Europe depuis 1980. Son dernier rapport prend une dimension particulière à l’approche des élections européennes, les règles budgétaires européennes paraissant régulièrement comme des freins aux politiques de réduction des inégalités.

Des richesses en hausse mais de plus en plus inégalement réparties

Malgré l’augmentation croissante de la production de richesse, les inégalités n’ont pas diminué sur le continent, qui prend donc de plus en plus la forme d’une Europe de l’argent et non d’une Europe des gens, pour reprendre le slogan de campagne du candidat communiste Ian Brossat. Il y a certe de fortes inégalités entre pays concernant les revenus moyens entre pays de l’Europe avec par exemple le revenu moyen annuel en Europe de l’Ouest est de 38 500 € soit deux fois supérieur au revenu moyen annuel en Europe de l’Est qui est de 19 500 €.

Cependant, le constat général tend à démontrer que les inégalités les plus importantes sont celles internes à chaque pays. En effet, on peut remarquer qu’en Europe de l’Est les 10 % les plus riches captaient 20 % du revenu annuel total en 1980 et en capte maintenant 30 %. Pour aller plus loin, on peut observer qu’entre 1980 et maintenant le revenu annuel des 0,001 % les plus riches à augmenter de 200 % ! Les conditions de vie d’un salarié français sont alors plus proches de celles d’un salarié bulgare que de celles du bourgeois français pour lequel il travaille.

Des inégalités limitées par les systèmes de protection sociale

Cependant, les systèmes sociaux européens permettent tout de même une meilleure répartition des richesses. En effet, si l’on compare la distribution des richesse entre l’Europe et des États-Unis (deux régions développées) on remarque que la part du revenu national capté par les 50 % les plus pauvre en Europe est passé de 20 % en 1980 à 17,5 % maintenant,pendant le même temps la part du revenu national des 1 % les plus riches est passé de 7,5 % à 11 % . Cependant aux Etats-Unis la part du revenu national capté par les 50 % les plus pauvres est passé de 20 % en 1980 à 12,5 % maintenant, contre 11 % du revenu national capté par les 1 % les plus riches en 1980 à plus de 20 % maintenant. Pourquoi une telle différence ?

Les mécanismes de redistributions de richesse sont bien mieux élaborés en Europe qu’aux USA. L’impôt et la protection sociale plus élevée favorisent un phénomène de redistribution qui réduit les inégalités sans pour autant les supprimer. Les dispositifs ne sont pourtant pas égaux partout. Selon les méthodes et les taux d’imposition, on peut remarquer des écarts de redistribution très importants entre les pays. Par exemple, les systèmes de redistribution de richesses permettent de réduire de 30 % les inégalités de revenu en Europe de l’Ouest alors qu’en Europe de l’Est, cette réduction est de seulement 15 %.  

Un modèle remis en cause

Toujours entre 1980 et aujourd’hui, en Europe le taux d’imposition des sociétés a été divisé par deux en passant de 50 % à 25 % tandis que la TVA est passé d’environ 15 % en 1980 à plus de 20 % aujourd’hui. Cela montre que la question de la redistribution de richesse et les inégalités de revenus sont donc des questions de choix politique. Nous pouvons clairement l’observer avec les récentes réformes gouvernementales visant à détruire le statut des fonctionnaires, à réduire l’accessibilité à l’éducation, à la santé, en somme la destruction des services publics aux profits du privé. Cette politique actuelle de Macron ne vise sur le long terme qu’à accroître ces inégalités sociales dans divers domaines.

Par exemple l’ISF impôt de solidarité sur la fortune était un impôt qui permettait une réduction des inégalités en taxant les grandes fortunes, cet impôt rapportait alors 4,2 milliards d’euros à l’Etat sur l’année 2017. Cette taxe a été supprimé courant 2018 au profit du Prélèvement Forfaitaire Unique ou Flat tax ainsi que part Impôt sur la Fortune Immobilière. Cette première taxe plafonné à 30 % maximum, n’est donc plus un impôt progressif et la seconde taxe ne réduit la question de la fortune qu’à la fortune immobilière et n’a rapporté à l’état que 1,3 milliards d’euros en 2018 ce qui est bien inférieur à l’ISF. C’est donc encore de beaux cadeaux de Macron à la bourgeoisie qui permet une augmentation des inégalités.

Cette première taxe plafonné à 30 % maximum, n’est donc plus un impôt progressif et la seconde taxe ne réduit la question de la fortune qu’à la fortune immobilière et n’a rapporté à l’état que 1,3 milliards d’euros en 2018 ce qui est bien inférieur à l’ISF. La SNCF est le meilleur exemple, car cette privatisation va permettre des augmentations de tarifs des fermetures de gares et de ligne de train. Ces conséquences vont accroître les inégalités sociales en limitant la mobilité des travailleurs. Ce sont ces logiques qui doivent prendre fin si l’on veut combattre réellement les inégalités.

Et pour conclure en citant Lenine :

« Dans une société fondée sur le pouvoir de l’argent, tandis que quelques poignées de riches ne savent être que des parasites, il ne peut y avoir de “liberté”, réelle et véritable. » L’organisation du parti et la littérature du parti, V.I. Lénine , 1905