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EDITO

Face à l’obscurantisme, plus que jamais besoin d’Education nationale

L’abomination a une nouvelle fois frappé sur le territoire. Le terrible assasinat de Samuel Paty, enseignant d’Histoire-Géographie et d’Education morale et civique dans les Yvelines vendredi dernier, a suscité l’indignation de tout le pays.  

Avec l’assassinat de ce professeur, c’est la République dans son ensemble , c’est chacun d’entre nous, qui ont été touchés en plein coeur. Dans sa mission de transmission, d’apprentissage, d’émancipation et d’éveil à la citoyenneté, l’Education nationale est le lieu de formation des citoyens de demain. C’est bien pour cela qu’un fanatique a assassiné un de ses acteurs:  assassiné pour avoir exercé son travail, pour avoir bien fait son travail.  

N’en déplaise aux obscurantistes de tout bord, l’éducation est là pour l’apprentissage de l’esprit critique, de l’esprit scientifique, de la liberté d’expression, de l’égalité, de la justice aux plus jeunes et elle permet à la République d’exister à travers les générations.  Pour cela, les enseignants doivent garder une liberté pédagogique, face au contrôle politique ou aux pressions de tout ordre sur leur enseignement.

Ce meurtre de sang froid orchestré par un jeune de tout juste 18 ans doit amener à réfléchir sur la situation dans laquelle se trouve l’école publique aujourd’hui. Comment un jeune homme a pu commettre un tel acte de barbarie à l’encontre d’un homme qui aurait pû être son enseignant ? La réponse à cette question ne peut être que politique et ne peut être  celle d’un repli identitaire ou  la stigmatisation d’une partie de nos concitoyens. 

Au contraire, cette épreuve que nous traversons  doit être l’occasion de réaffirmer la nécessité de l’école publique et laïque. Pour ce faire, l’exécutif doit donner à l’Education nationale et à ses enseignants les moyens d’assurer leur mission. 

Plus que jamais, doublons les classes, formons les enseignants dans de meilleures conditions qu’actuellement. 

Les valeurs de la République ne peuvent pas rester des slogans affichés dans les salles de classe ou dans les paroles des ministres. Les jeunes doivent pouvoir les pratiquer à l’école avec leurs enseignants, s’exprimer librement, apprendre le débat démocratique, à respecter les avis contradictoires, y compris à séparer les arguments et les opinions.

Plutôt que de l’indécent exercice d’autosatisfaction auquel s’est livré le premier ministre devant les parlementaires mardi,  face à l’obscurantisme, le gouvernement doit consolider le socle de notre République en réinvestissant réellement dans les services publics. 

Aujourd’hui, l’heure est au recueillement et à la mobilisation pour faire vivre, plus que jamais, notre exigence d’une école qui émancipe et qui libère.