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La fin de la précarité énergétique est possible

12 millions, c’est le nombre de personnes en France qui sont concernées par la précarité énergétique, qui se définit par la difficulté ou l’incapacité à pouvoir se chauffer correctement ou à assumer les factures énergétiques.

Les plus touchés sont les jeunes ; ils sont 8,5 millions à avoir des bas revenus et des dépenses élevées par rapport à leur petit logement, souvent situés en ville.

Malgré de forts engagements des Grenelles 1 et 2 sur la production et la consommation d’énergie à l’échelle du logement, il y a encore 8 millions de logements considérés comme des passoires thermiques (chauffage inadapté, manque d’isolation, humidité…). Pour trop de personnes, le chauffage est devenu un luxe auquel ils ne peuvent pas accéder.

Des chiffres qui n’ont cessé d’augmenter depuis 10 ans

Ces dernières années, cela résulte notamment d’une augmentation de la pauvreté ainsi que de la vétusté d’une grande part du parc de logement. Il devient de plus en plus difficile pour un grand nombre de personnes de payer leur facture d’électricité.

Les prix d’énergie ont augmenté de manière considérable ces dernières années, ce qui représente un vrai coût pour les français. Ainsi, les ménages les plus touchés par la précarité énergétiques sont de même les plus modestes.

Les prix d’énergie ont augmenté de manière considérable ces dernières années, ce qui représente un vrai coût pour les français.

Il en vient de la responsabilité des derniers gouvernements qui ont libéralisés les marchés du gaz et de l’électricité. Ces énergies se retrouvent sous contrainte des prix fixés par l’Union Européenne, avec notamment Nicolas Sarkozy qui a permis cette augmentation exponentielle.

Cette précarité énergétique touche à la fois les propriétaires comme les locataires, qu’ils soient dans de l’habitat collectif ou de l’habitat individuel. Selon le Centre de Recherche pour l’Étude de l’Observation des Conditions de Vie (Crédoc), les personnes qui connaissent cette situation ont des dépenses liées à l’énergie ou au loyer qui représentent près de 50% de leur budget.

Ce constat est à mettre en lien avec le vieillissement d’une part très importante du parc de logement en France, qui a été largement construit entre les années 1950 et 1970, mais qui n’a jamais ou peu été réhabilité. Il est donc nécessaire de mettre aux normes et de réaliser des travaux afin de permettre le confort matériel et énergétique de tout un chacun.

Conséquences sur la santé

La Fondation Abbé Pierre a mené une étude sur les conséquences directes que la précarité énergétique peut avoir sur la santé, au quotidien comme sur le long terme. Les personnes sont plus sujettes à la contraction de maladies aigües ou chroniques telles que : rhume, grippe, saturnisme (intoxication au plomb), maladies respiratoires et pulmonaires, infections, etc.
Cela touche notamment les plus jeunes qui sont les plus vulnérables mais aussi les plus précaires.

Agir pour limiter et éliminer la précarité énergétique c’est aussi garantir une amélioration des conditions de santé de nombreux français

Il est nécessaire de prendre conscience que bien évidemment, combattre la précarité énergétique a un coût, mais que l’inaction de la puissance publique représente des sommes beaucoup plus importantes au travers des différentes dépenses engagées par nos services de santé.

Agir pour limiter et éliminer la précarité énergétique c’est aussi garantir une amélioration des conditions de santé de nombreux français et ainsi d’alléger les frais de santé notamment chez les jeunes.

L’investissement public dans des logements de qualité

Des solutions existent pourtant, la puissance publique, donc l’État,  peut engager une politique de grands travaux à la fois dans le domaine du logement social comme dans le celui du logement privé afin de diminuer considérablement le nombre de logements concernés par la précarité énergétique.

Il est nécessaire et essentiel d’engager un grand plan de rénovation thermique des logements en France. Cela demande aussi de maîtriser les prix des énergies consommées par les ménages, notamment pour les budgets des plus modestes. L’accès aux ressources doit relever d’un droit et non d’un luxe.