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Fin des contrats aidés, plan social silencieux

Sans tambour ni fanfare, le gouvernement qui baisse l’ISF et les APL bloque le renouvellement de contrats de milliers de travailleurs précaires, les plongeant dans l’incertitude au milieu du mois d’août.

Des contrats inefficaces

Impulsés dans les années 80, les contrats aidés partent du postulat qu’une première expérience professionnelle va faciliter l’insertion. En réalité, ces contrats subventionnés entraînent un effet d’aubaine pour des structures désargentées qui y voient la possibilité de bénéficier d’une main d’oeuvre bon marché.

Ces contrats aidés n’ont pas permis de créer des emplois pérennes et pour les bénéficiaires ne sont sont que des solutions précaires. Ils se sont donc avérés relativement inefficaces en terme d’emploi. Paradoxalement, en 2016 on en a compté 1 million, ce qui mécaniquement en fait tout de même un frein au chômage.

L’autre paradoxe c’est que les structures bénéficiant de ces emplois aidés sont souvent publiques ou financées largement par les pouvoirs publics. L’emploi aidé s’est dans ce cas transformé en emploi subventionné. Ces emplois subventionnés concernent parfois des secteurs qui relèvent du service public. Ainsi sur l’Île de la Réunion, la majorité des municipalités ont annoncé leur intention de repousser la rentrée pour pallier le non renouvellement de ces emplois.

La lâcheté et l’indécence

Les emplois aidés ne sont pas la solution contre le chômage. Cependant depuis des années ils sont davantage utilisés pour faire fonctionner des services publics ou des acteurs sportifs ou socioculturels à moindre coût que pour réellement venir soutenir des créations d’emplois.

Leur brutale suppression au milieu de l’été est un acte lâche et insensé. Au lieu d’entamer une réflexion sur une nouvelle politique en terme d’emploi mais aussi une nouvelle politique en terme de services publics, le gouvernement a choisi de discrétement couper les crédits.

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C’est une nouvelle étape dans les politiques d’austérité prônées par le premier ministre Philippe. On ne peut qu’être surpris par l’indécence de la méthode qui propulse dans l’incertitude des milliers de travailleurs et de structures publiques ou associatives au coeur du mois d’août.

Des conséquences immédiates

Certain.e.s maires ont déjà annoncé avec fracas que les écoles primaires de leur commune n’ouvriraient pas avant le 11 septembre, faute de personnel pour  accueillir les enfants pendant le temps du midi, les activités périscolaires et les garderies. En effet, de nombreuses collectivités utilisent des contrats aidés autant que faire se peut, dans l’objectif de faire face aux baisses drastiques de dotations imposées par le gouvernement.

Quelques jours avant la rentrée scolaire, ces élus dénoncent des couteaux plantés dans le dos des collectivités, puisque certains contrats étaient déjà signés, de nombreux travailleurs déjà mobilisés. Sans compter que pour certaines communes, cette décision provoque un véritable bouleversement financier. Ainsi, la transformation des anciens contrats aidés en CDD à Meynes (Gard) représenterait 10% de la masse salariale de la mairie.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde