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CULTURE

Grand chambardement au royaume de la VoD !

Il aura suffi d’une décennie aux plateformes VoD américaines pour conquérir notre pays. Alors qu’en 2019, 19,9 % des Français avaient au moins visionné un programme en vidéo à la demande dans le mois, d’après le centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Ils n’étaient que 17 % un an auparavant. Un Français sur 10 paye désormais pour un abonnement à Netflix. C’est indéniable, la vidéo en streaming est en plein boum. Mais la tempête se prépare au pays de la VoD.

Netflix, la fin d’un règne ?

Netflix, jusqu’alors se taillait la part du lion du marché de la VOD avec 52 % de la part du marché, suivi, mais de loin par la plateforme du géant Amazon, « prime video » ayant réussi à s’octroyer 19 % des parts de marché, encore loin devant ses concurrents tels que HBO. Mais l’ouverture de nombreuses plateformes comme celles d’Apple ou Disney va rebattre les cartes.

La quasi mainmise de la plateforme en matière d’offre performante de VOD permettait d’accéder pour un grand nombre d’utilisateurs à un panel très vaste de films, séries et documentaires, cette dernière en faisant main basse sur la quasi-totalité de l’offre audiovisuelle actuelle a su répondre à la grande majorité de la demande. Cependant avec la diversification des plateformes vidéo et donc la course à l’achat des droits de diffusions et à l’investissement dans les œuvres originales, Netflix risque petit à petit de perdre son leadership. Ainsi les abonnés vont devoir, s’ils souhaitent accéder à un panel aussi large de vidéo, démultiplier leurs abonnements aux différentes plateformes s’ils souhaitent conserver un panel d’offres aussi large.

Les plateformes devraient donc, d’avantage encore financer des productions originales dans les années à venir pour conquérir de nouveaux clients à travers des séries exclusives.

De leur côté les grandes chaînes françaises ont fait maintes tentatives afin d’essayer de contrecarrer les plateformes américaines et de s’offrir une part du gâteau, via les offres de replay notamment, mais il faut bien se le dire, hormis quelques exceptions ce n’est pas une victoire retentissante.

L’offre étant largement en deçà de celle des plateformes VOD, elles ne font aucune ombre aux leaders du marché. Entre les programmes déjà disponibles sur les plateformes, VoD et la quasi-inexistence d’offres cinématographiques sur les sites de replay n’ont que peu de chance malgré quelques belles réussites comme « le bureau des légendes » de canal mis sur pied en repensant les modes de production.

Quelles perspectives pour les « petits » frenchies ?

Néanmoins, les Géantes américaines se sont bien aperçu qu’au-delà des blockbusters américains, ces abonnés outre-Atlantique comptaient sur du « made in France ». Aussi travaillent-elles de plus en plus aux financements de productions locales telles que « Marseille », « Opérations Totems » ou la future « Mortel ». 

De fait, la France produit habituellement davantage de films « à petits budgets » et n’est pas coutumière des grosses productions hormis quelques super productions. Cela ne permet donc pas de concurrencer les productions financées par les plateformes sur les modèles de productions américains déjà bien rodés.