L'Humanité
A LA UNE FRANCE

Il faut sauver l’Humanité !

À l’instar de la quasi totalité des quotidiens nationaux, l’Humanité est en difficulté. Ventes et abonnements ne suffisent plus à assumer les coûts toujours croissants de la production d’une information de qualité. Rattaché à aucun groupe de presse ni soutenu par des milliardaires philanthropes, le quotidien fondé par Jean Jaurès a été placé en redressement judiciaire.

L’Humanité, un journal, une fête et un idéal

L’Humanité n’est pas un journal comme les autres. Fondé par Jean Jaurès en 1904, le journal relaie les luttes sociales depuis 115 ans. Le journal est également celui des luttes pour la paix, contre l’occupation, anticoloniales, contre toutes les injustices. C’est l’Humanité qui faisait sa Une sur Maurice Audin en septembre dernier suite à la reconnaissance par le Président de la République du crime d’État. C’est l’Humanité qui depuis trois mois a suivi la mobilisation des gilets jaunes sans tomber dans les caricatures honteuses de la plupart des autres quotidiens. C’est l’Humanité qui faisait encore il y a quelques jours sa Une pour que Lula soit prix nobel de la paix.

L’Humanité c’est également une fête, la plus grosse du pays qui regroupe plusieurs centaines de milliers de festivaliers sur trois jours pour un prix inférieur à 30€ quand la plupart des festivals demande au moins le triple. La Fête de l’Humanité c’est elle qui s’était mise au couleur de Salah Hamouri en 2017 pour dénoncer sa nouvelle incarcération. C’est l’Humanité qui chaque jour de sa détention l’a dénoncé dans son édition quotidienne.

L’Humanité, c’est un journal, une fête mais également un idéal. Dans son premier édito Jaurès écrivait :

“Le nom même de ce journal, en son ampleur, marque exactement ce que notre parti se propose.”

Sur le côté droit de la grande scène de la Fête de l’Huma on peut y lire :

“L’Humanité le plus beau nom que l’on pouvait donner à un quotidien”.

Cet idéal s’est conservé pendant plus de 115 ans à travers un traitement de l’information radicalement différent du reste de la presse qui fait de l’Humanité un outil essentiel à préserver.

La situation de l’Humanité

Le Tribunal de Commerce de Bobigny a décidé de placer le titre de presse en redressement judiciaire. Cette décision ouvre une période dont il faut se saisir pour sauver le journal. Patrick Le Hyarick, directeur de l’Humanité écrit :

“Cette décision et la période de transition qui s’ouvre désormais doivent permettre, dans un premier temps de consolider notre économie de court terme tout en travaillant un projet de pérennisation de l’entreprise.”

Les difficultés de l’Humanité ne sont pas isolées, depuis 1945 le tirage global de la presse papier a chuté de près 75% et le nombre de titres de presse a été divisé par trois relève Le Monde. Toutefois l’Humanité occupe une place à part dans le paysage de la presse française, c’est le dernier quotidien à n’être adossé à aucun grand groupe de presse ou grande fortune. Dans l’édito inaugural Jaurès soulignait déjà en 1904 le défi que cela représentait :

“Faire vivre un grand journal sans qu’il soit à la merci d’autre groupe d’affaires, est un problème difficile mais non pas insoluble. Tous ici, nous nous donnerons un plein effort de conscience et de travail pour mériter ce succès : que la démocratie et le prolétariat nous y aident.”

Avec plus de 470 nouveaux abonnements et déjà 700 000€ de dons, il semble que le prolétariat et la démocratie soient à nouveau au rendez-vous aujourd’hui. Pour les jeunes, le prix de l’abonnement annuel à 370€ est souvent hors de budget, cependant il existe une version 100% web à 9,9€ par mois sans engagement, le premier mois pour seulement 1€. Pour ceux qui restent amoureux du papier, il y a l’option l’humanité week-end avec le numéro du vendredi et son supplément débat ainsi que le magazine l’Humanité Dimanche pour 225€ par an.

Pour ceux qui sont déjà abonnés une souscription est en cours. Des soirées de soutien sont organisées sur tout le territoire, avec  en point d’orgue une soirée à la bellevilloise à Paris.

Mobilisons-nous pour que vive l’Humanité !

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde