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Pour les jeunes, Macron préfère l’armée à l’enseignement supérieur

Le mouvement contre le Plan étudiants et la généralisation de la sélection à l’entrée de l’université se poursuit. Le gouvernement lui oppose un méprisant silence, tandis que la droite sénatoriale pousse encore plus loin l’injustice.

Le Président de la République, dans son habituel mépris des instances démocratiques et du débat, considère déjà la loi adoptée, a lancé une réforme tout aussi injuste du bac et a déjà la tête à son prochain mauvais coup pour les jeunes. Celui-ci risque de prendre la forme d’un service national universel, sans que l’on sache pour l’instant s’il sera obligatoire.

A l’inverse du budget de l’enseignement supérieur, le budget des armées n’est pas soumis à l’austérité. Actuellement doté de 34,2 milliards d’euros chaque année, le budget augmenterait de 1,7 milliard par an à partir de 2019. Il est généralement admis que l’enseignement supérieur public a besoin de 1 milliard supplémentaire par an, pour accueillir les nouveaux bacheliers, il semble qu’un choix ait été fait.

Le même gouvernement, qui par son inique réforme de l’accès à l’enseignement supérieur va priver plusieurs milliers de jeunes de l’accès à la formation de leur choix, va très vraisemblement passer un mois sous les drapeaux.

Le brassage social invoqué par le ministre de l’Intérieur pour justifier ce curieux retour en arrière, n’a visiblement pas sa place à l’université.

Alors que les conditions et le coût d’une telle mesure interrogent, on ignore en revanche quels sont les objectifs de ce service, qui ne « réinventera pas le service militaire » selon les mots présidentiels.

Le Président contredisant le candidat qu’il a été souhaite désormais que ce temps donne :

« à la jeunesse de France des causes à défendre, des combats à mener dans les domaines social, environnemental, culturel »

Pour rappel, Emmanuel Macron candidat, déployait une vision quelque peu différente de sa promesse de campagne  :

« un temps où la jeunesse pourra en commun approfondir la citoyenneté et l’esprit de défense, faire l’apprentissage des gestes qui sauvent et également donner de son temps pour autrui. »

On peine aujourd’hui à comprendre, si on en croit les propos présidentiels, pourquoi ce serait à l’armée d’encadrer un temp faisant la promotion de l’engagement social, environnemental et culturel.

Généralement les chefs d’Etat, avait le bon goût de mettre en avant leur engagement en faveur de la jeunesse pour faire oublier le fossé générationnel qui les séparait des plus jeunes citoyens. Ils multipliaient les promesses et les déclarations sans les tenir, et craignaient généralement les mobilisations de cette dernière.

Le président actuel n’a pas ces préoccupations, il considère incarner la nouvelle génération et ne s’embarrasse même pas de faire miroiter aux plus jeunes un avenir meilleur. Il pose comme unique argument sa propre réussite dans un triomphalisme assumé.

C’est donc un homme de 40 ans, qui n’a pas eu à faire son service militaire, et qui a profité de l’enseignement supérieur public, dans ses filières les plus sélectives. Aujourd’hui cet homme peut tranquillement expliquer aux jeunes de France, qu’il n’y a pas d’argent pour que tous puissent poursuivre des études, mais qu’il y en a pour leur imposer un passage à l’armée.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde