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CULTURE

Jeux Vidéo : à quoi jouer pendant le confinement ?

Cedric propose ses conseils pour pouvoir profiter de jeux sympathiques sans pour autant débourser des centaines d’euros. 

Le jeu vidéo est en une activité idéale en période de confinement, car il permet de rester chez soi sans voir le temps passer durant de longues heures. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a même recommandé la pratique du jeu vidéo lors du confinement dû à l’épidémie de Covid19. Le problème étant que pour ceux pour qui le jeu vidéo n’est pas une habitude, il semble souvent coûteux d’acquérir du matériel permettant de jouer dans de bonnes conditions. Et quand bien même vous voudriez vous acheter une carte graphique flambant neuve ou la dernière console de Nintendo, l’arrêt d’une partie de la production et d’une partie des services de livraison rendra l’entreprise compliquée. 

Cette série hebdomadaire, qui durera jusqu’à la fin du confinement, vous fera découvrir des jeux qui n’imposent pas d’avoir la dernière console de jeu ou la dernière carte graphique. N’importe quel ordinateur devrait pouvoir faire fonctionner les jeux qui sont conseillés, tant qu’ils peuvent faire marcher les systèmes d’exploitation récents. Certains disposent même de portage sur smartphone et tablette. C’est la sélection idéale pour découvrir le jeu vidéo, ou si l’on n’a pas, dans son lieu de quarantaine, une console ou un PC dernier cri. Les autres pourront quand même profiter d’une sélection de jeux vidéos de qualité. 

The Last Express (1997) – Windows, Mac OS, iOS, Android – ~6€

The Last Express

The Last Express est un jeu injustement méconnu, ayant eu des ventes décevantes à sa sortie. Il s’agit d’un jeu de Jordan Mechner, concepteur de légende ayant à son actif le tout meilleur jeu de l’Apple II, Prince of Persia (1989), jeu ayant rencontré un très grand succès lorsque porté sur MS-DOS ainsi que sur les diverses consoles du début des années 90. The Last Express est un jeu radicalement différent des autres jeux de Jordan Mechner, il s’agit d’un jeu d’aventure à la première personne, dans la veine des Myst et des points & clicks des années 80 et 90, en apportant un système de résolutions non linéaire des énigmes, et d’un système de temps réel. 

Nous sommes en juillet 1914 à Paris. Robert Cath, le protagoniste, un docteur américain, accusé d’avoir tué un policier irlandais, est en cavale, recherché par les polices britanniques et françaises. Il accepte l’invitation d’un ami, Tyler Whitney, de le rejoindre à bord de l’Orient-Express, où il découvre qu’il a été assassiné. Il n’en tiendra qu’à vous de découvrir les mystères entourant la mort de votre ami, et d’échapper aux soupçons qui pèsent sur vous, durant un voyage de 3 jours. 

Parce que The Last Express se déroule en temps réel accéléré (vous aurez un temps limité pour aller au bout du jeu) avec certains évènements ne se déroulant qu’à des moments précis. Vous aurez la possibilité de remonter dans le temps, et de revenir quelques heures ou jours en arrière pour mener à bien votre enquête. Et ce ne sera pas de trop, vu le nombre de gameover sur lesquels vous tomberez, ou tout simplement parce que vous avez raté un événement auquel vous devrez assister pour terminer votre enquête. Dotés d’énigmes retorses et de fins multiples, the Last Express vous donnera du fil à retordre, et les moins patients d’entre vous iront se référer à la solution. Car, les années 90 sont, rappelons-le-nous, une époque où les jeux d’aventure ne prenaient pas la main, et pouvait être parfois frustrant. 

Doté de graphismes dessinés à la main avec une animation évoquant quelque chose entre la bande dessinée et le cinéma, le jeu n’a pas trop mal vieilli, et est toujours très agréable à regarder aujourd’hui (malgré un rendu dans une résolution d’époque). Les doublages de très bonne facture en version orignal et en français. Son scénario est bien écrit et doté de multiple rebondissement, son enquête bien ficelée, et l’Orient-Express de la vieille époque constituent le cadre de jeu idéal pour un jeu d’aventure.

Nos recommandations pour en profiter

Sur ordinateur, nous vous recommandons la version révisée par DotEmu, la rendant compatible avec tous les ordinateurs modernes et y ajoutant un tutoriel, que vous pourrez trouver sur Steam et GOG. Le jeu devrait tourner sur, à peu près, n’importe quel ordinateur disposant d’une version récente de Windows ou de Mac OS X. 

Le jeu est aussi disponible sur iOS et Android, nous n’avons pas testé cette version, mais nous vous conseillons d’utiliser une tablette plutôt que sur un smartphone pour mieux en profiter. 

Celeste (2018) – Windows, Mac OS, Linux, Switch, Xbox One, PlayStation 4 – ~20€ 

Celeste

Un des grands jeux de l’année 2018, Celeste a été acclamé par la critique et par le public. Un succès d’estime mérité pour ce jeu indépendant, développé par Matt Thorson (déjà connu pour le mémorable jeu multijoueur local TowerFall) accompagné de trois artistes graphiques et d’une compositrice. Issus d’un prototype développé sur la console 8-bit virtuelle PICO-8, Celeste garde une pâte rétro évidente, que ça soit dans les graphismes en pixel art sublime ou les musiques de qualité aux sonorités chiptune. 

Céleste est un jeu de plateforme 2D, où vous incarnez Madeline, jeune femme s’étant mise en tête de gravir le mont Céleste. Le jeu adopte la formule d’un die and retry, c’est-à-dire un jeu dont la mécanique repose sur des échecs, échecs qui permettent au joueur de devenir meilleur. Le jeu fait en effet preuve d’une bienveillance assez inédite avec le joueur, de multiples messages vous l’indique : ce n’est pas grave si vous mettez du temps à finir ce niveau, ce n’est pas grave si vous n’y arrivez pas du premier coup, ce n’est pas grave si vous trichez, ce n’est pas grave si vous passez ce niveau. Cette bienveillance sert aussi la narration du jeu qui derrière sa galerie de personnages hauts en couleur, et éléments oniriques, parle avec légèreté de la pression que l’on se met à soi-même, d’anxiété et de dépression nerveuse.

Le jeu à beau être une plateforme extrêmement exigeant, une mort du joueur ne sera jamais frustrante, et le jeu vous permettra de recommencer quelques secondes plus tôt, mais donnant un vrai sentiment d’accomplissement lorsque l’on arrive enfin à terminer le niveau. Parce qu’avant de finir, vous allez échouer de nombreuses fois, et les échecs n’auront été que des moyens de vous permettre d’escalader la montagne.

Nos recommandations pour en profiter

Celeste étant un jeu de plateforme, nous vous recommandons fortement l’usage d’une manette pour y jouer. N’importe quelle manette compatible PC (c’est le cas de toutes les manettes des consoles de cette génération et de la précédente) disposant d’une bonne croix directionnelle fera l’affaire. Pas besoin d’avoir une manette disposant de stick directionnel, une manette de type Super Nintendo ou Megadrive fera très largement l’affaire.

À priori, le jeu devrait tourner sur l’écrasante majorité des ordinateurs faisant tourner des systèmes d’exploitation modernes, y compris ceux ayant des capacités inférieures aux capacités recommandées par l’éditeur. 

DUSK (2018) – Windows, Mac OS, Linux — ~17 €

DUSK

DUSK est un jeu de tir à la première personne inspiré des jeux du genre sorti dans les années 90. Tellement inspiré des années 90 que le jeu va vous accueillir avec un faux écran de démarrage d’un PC des années 90 puis de MSDOS, et que toute l’esthétique — des menus aux graphismes anguleux — rappelle un jeu de l’époque. 

Alors que les FPS ont fait depuis les années 2000 le choix d’une course aux graphismes, et au réalisme de facade, DUSK va à contre courant et propose un jeu au gameplay qui nous renvoie 30 ans en arrière, à l’époque où les DOOM, les UNREAL et autres QUAKE étaient les pionniers d’un genre de jeu nouveau et subversif. 

Il s’agit donc d’un fast-FPS, un FPS où le personnage se déplace à toute allure et doit constamment se déplacer pour éviter les attaques des adversaires. Vous devrez combattre des adversaires issus d’un bestiaire inspiré des œuvres d’H.P. Lovecraft, dans des niveaux dont la conception, pour certains, frôle le génie, surtout dans les niveaux de fin du jeu. Les décors du jeu, qui sont comme à l’époque très peu réaliste et très fantasmagorique, et nous proposent des architectures impossibles. 

Avec un FPS comme DUSK, on en revient au plaisir grisant du FPS, qui se base purement l’habilieté du joueur pour traverser les niveaux. Bien différent de grosses productions qui essayent de vous raconter une histoire bidon, le jeu en est presque réduit qu’à son aspect ludique. Presque, car l’ambiance unique du jeu est loin d’être banale. 

Plus qu’un simple hommage, DUSK apporte son lot d’innovations, qui en fait un jeu différent des shooters des années 90. Même si on pourrait regretter que ses innovations — brillantes — arrivent un peu tard dans le jeu, et des combats de boss qui auraient pu être mieux réalisés. 

Recommandations pour en profiter

DUSK est un jeu de tir à la première personne, nous vous recommandons donc d’y jouer au clavier et à la souris. Si vous êtes habitués à jouer aux FPS sur console, vous avez la possibilité d’y jouer à la manette, sachez juste que le jeu a été conçu pour être joué avec le couple clavier/souris et pas pensé pour la manette. Et il vous faudra obligatoirement une vraie souris, n’ayez même pas l’idée de jouer avec le trackpad de votre ordinateur portable. N’oubliez pas de reconfigurer les touches pour être compatible avec un clavier AZERTY français (il suffit d’intervertir les touches Q et A, le touches W et le Z) avant de lancer votre première partie.

Concernant les configurations sur laquelle le jeu est jouable, c’est le jeu le plus exigeant de cette sélection, mais reste jouable sur la très grande majorité de vos PCs. N’essayez simplement pas de le faire tourner sur ordinateur portable vieillissant, où vous risquez de le faire tourner plus difficilement. Pour les PC sans carte graphique dédiée d’avant 2013, essayer de baisser la résolution et les paramètres graphiques du jeu, ce qui devrait le rendre jouable. En revanche vous n’aurez presque pas de problème sur les ordinateurs plus récents.