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Éducation

La France: mauvais élève contre la reproduction des inégalités à l’école

Dans le rapport de l’OCDE: “Équité en éducation, briser les barrières pour parvenir à l’ascension sociale”, le classement PISA révèle que l’école française est plus inégalitaire que la plupart des autres pays développés.

Des inégalités persistantes

Le rapport parle de l’équité en éducation comme voulant dire que l’école et le système éducatif donne un enseignement et des opportunités d’apprentissages égales à tous et toutes. Il ajoute ensuite que l’équité ne veut pas dire que tous les élèves vont obtenir une éducation égale, mais plutôt que  les différences de résultats entre les élèves ne sont pas liées à leur situation économique ou sociale sur lesquelles les élèves n’ont pas de contrôle.

Sur un plan global, la rapport rappelle qu’aucun pays au monde ne peut prétendre aujourd’hui avoir éliminé toutes les inégalités socio-économiques dans l’éducation. En revanche, compte tenu de leur revenu moyen, la plupart des pays peuvent se féliciter que les plus jeunes atteignent en moyenne un meilleur niveau d’éducation que leur parents et grands parents.

Le rapport montre aussi que l’accroissement de l’accès à l’éducation, particulièrement concernant l’enseignement supérieur, ne résulte pas forcément en une meilleure équité concernant le niveau d’éducation et de diplôme.

La France plus inégalitaire que d’autres

Si des progrès ont été faits au niveau de l’ensemble des pays de l’OCDE, la France se porte moins bien que les autres pays développés dans la lutte contre la reproduction des inégalités.

En effet, 17% des adultes avec des parents qui n’ont pas de diplôme du second cycle ont obtenu un diplôme de l’enseignement supérieur, alors que c’est le cas de 73% des adultes avec des parents diplômés de l’enseignement supérieur. C’est à dire que les adultes avec des parents diplômés de l’enseignement supérieur ont 14 fois plus de chances d’obtenir un diplôme de l’enseignement supérieur que les adultes dont les parents n’ont pas de diplôme du second cycle. Alors que pour l’ensemble des pays de l’OCDE, les adultes dont les parents sont diplômés ont 11 fois plus de chance d’obtenir un diplôme. La reproduction sociale est donc plus élevée pour les élèves français.

Pour la France, le rapport pointe également un certain entre-soi légèrement supérieur à la moyenne de l’OCDE révélant un manque de mixité sociale, comme l’indique l’OCDE : “de nombreux élèves défavorisés sont surreprésentés dans les écoles dites défavorisées”. En France, c’est le cas pour la moitié des élèves.

De plus, les élèves qui sont dans des écoles dites “favorisées” ont une performance moyenne supérieure de 134 points aux élèves dans des écoles dites “défavorisées” contre une performance moyenne supérieure de 78 pour l’ensemble des pays de l’OCDE. A titre de comparaison, pour les Etats-Unis le chiffre n’est que de 41 points. La France fait partie des 9 moins bons pays concernant la performance des élèves selon la situation de leur école.  On constate alors qu’il existe de réelles inégalités entre les établissements d’origine des élèves aussi bien au niveau primaire et secondaire que dans l’enseignement supérieur.

On peut penser, au regard de ces chiffres et au vu des réformes du mode d’accès à l’enseignement supérieur en France – la sélection – que ces inégalités vont conduire à des discriminations encore plus fortes à l’entrée des établissements.