Rédaction | Avant Garde
EDITO

La passion du Gouvernement : briser nos rêves et nos aspirations

Les résultats du baccalauréat viennent de tomber et annoncent avec eux la fin de l’année scolaire. Ce n’est pas trop tôt. Je ne sais pas si cette année est la pire qu’il n’y ait jamais eu dans l’air moderne, mais elle figure a minima sur le podium.
Nous ne pouvons pas imputer toute la responsabilité à la pandémie. Le manque d’enseignants, les salles bondées favorisant la propagation du virus, le manque de médecine scolaire… Alors que tout était prévisible, rien n’a été prévu par le Gouvernement. Le résultat est sans appel : une année des plus inégalitaire, affirmant le phénomène d’une école à plusieurs vitesses.
Cette année catastrophique atteint son paroxysme à son terme : lors des épreuves du baccalauréat. Ou du moins des non-épreuves. Car Jean-Michel Blanquer a fait le choix d’annuler la plupart des épreuves durant l’année et de rendre l’épreuve de philosophie – dernière épreuve terminale – optionnelle pour celles et ceux voulant conserver leur note de contrôle continu. En orchestrant la fin du cadrage nationale du baccalauréat, Jean-Michel Blanquer réalise son ambition d’un diplôme à la carte, différent en fonction des établissements permettant de faciliter le travail de tri social initié par Parcoursup.
L’année est certes terminée, mais l’angoisse sera quant à elle bien présente tout au long de l’été. Contrairement aux anciennes générations, le stress ne part pas avec l’annonce des résultats du bac, car le plus important n’est pas la mention obtenue mais l’affection. Les nouveaux bacheliers resteront connectés tout l’été sur la plateforme Parcoursup, attendant avec impatience que le couperet tombe. En attente dans la filière de leur choix, sans affectation pour d’autres, en phase complémentaire pour certains. Une bonne partie sera en reconversion professionnelle, cherchant ce qu’ils vont faire de leur vie après avoir été refusés dans la filière de leur choix. Quel gâchis.
Nous arrivons à la fin de la quatrième année du mandat d’Emmanuel Macron. En quatre ans, il aura réussi avec un talent inégalé – bien que concurrencé – à briser nos rêves et nos aspirations. Mais aucune inquiétude, le Gouvernement a tout prévu en généralisant la garantie jeune. Nous n’aurons ni formations, ni emplois, mais nous aurons au moins la promesse que notre précarité sera encadrée et accompagnée. Quelle ambition pour la jeunesse !