CC0 | Domaine Public
Social-Eco

La pauvreté a augmenté en France en 2018

Une estimation de l’INSEE montre une augmentation du taux de pauvreté en 2018 suite aux premières mesures du quinquennat. 

Une estimation incomplète

Le temps des études statistiques n’est pas celui de la politique. Il faut souvent au moins deux ans pour que les statisticiens aient accès aux données économiques d’une année et puissent travailler dessus. Pour essayer de fournir des indicateurs plus récents, l’INSEE propose des estimations. Lancée en 2015, l’institut peut proposer ces indicateurs plus précoces en simulant divers paramètres qui seront mesurés par la suite. Si ces simulations se sont avérées généralement plutôt pertinentes au vu des résultats mesurés par la suite, l’INSEE apporte plusieurs précisions pour l’année 2018. 

Premièrement, la disparition de l’impôt de solidarité sur la fortune (ISF) et sa transformation en impôt sur la fortune immobilière (IFI) n’ont pas pu être prises en compte. Deuxièmement, la baisse des APL se traduit par une baisse de revenus qui augmentent directement le taux de pauvreté. Celle-ci a eu un impact très fort dans les locataires du parc social qui ont cependant bénéficié d’une compensation par une baisse des loyers. Cette dernière ne constituant pas un revenu, elle ne rentre pas dans le calcul du taux de pauvreté. Cette situation a conduit l’INSEE à proposer deux calculs de taux de pauvreté dans son estimation. Il est également souligné que le chèque énergie étant une « prestation affectée » ne rentrait pas dans le calcul des revenus. 

Une augmentation de la pauvreté marquée par la baisse des APL

Le taux de pauvreté monétaire estimé par l’INSEE est calculé à 60 % du revenu médian. Ce taux ne tient donc ni compte des différences de loyers ni de coût de la vie selon les territoires. Il ne prend pas en compte les pratiques : utilisation d’une voiture, consommation de cigarettes, etc. Ce taux a été calculé à 14,1 % de population en 2017 et est simulé à 14,7 % de la population en 2018. Ce qui correspond à 9,3 millions de personnes en 2018. C’est le taux le plus élevé depuis la crise économique en 2008 et il est directement imputable aux politiques menées par le président de la République. 

Même si on ne considère pas la baisse des APL pour les locataires du parc HLM, le taux de pauvreté augmente de 0,2 point par rapport à 2017 et ce sont 9,1 millions de personnes qui sont concernées. Pourtant différentes mesures gouvernementales augmentent les revenus, la bascule cotisation vers CSG, la suppression progressive de la taxe d’habitation ou encore l’augmentation de la prime d’activité contribuent à accroître l’argent disponible pour les ménages. Ces différentes mesures ont cependant augmenté principalement le niveau de vie de ménages au-dessus du seuil pauvreté. De plus, le niveau de vie médian progressant, le seuil de pauvreté a augmenté faisant basculer des ménages juste au-dessus sous la pauvreté. 

Les estimations proposées par l’INSEE ne détaillent pas la situation en fonction des situations. Les jeunes occupent cependant une place à part. Largement perdant de la baisse des APL, les étudiants ont dû en plus composer avec un gel des bourses sur l’année universitaire 2018-2019. Non concerné par la bascule cotisation vers CSG et quasiment exclu de la prime d’activité, ils ont en revanche pu bénéficier de la baisse de la taxe d’habitation. Étudiants ou non, ils sont toutefois largement plus touchés par la pauvreté ce qui est la conséquence directe de leur taux de chômage pour les actifs et de l’insuffisance du système de bourses pour les étudiants. 

Rédaction
Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde