Gwenn Herbin | Avant-Garde
EDITO

L’édito de Antoine Guerreiro

Rentrée dans le chaos libéral

Quel premier bilan tirer de cette rentrée universitaire 2018 ? Dans la plupart des établissements, c’est le désordre le plus total qui semblait régner ces derniers jours. De nombreux·ses étudiant·e·s communistes ont pu faire le même constat partout en France : des administrations débordées, des systèmes informatiques mis en difficulté et des amphis de rentrée pleins à craquer. Voilà qui met définitivement hors-jeu les arguments gouvernementaux ayant appuyé au printemps dernier la mise en place de la sélection. Même en privant 200 000 bachelier·e·s du droit d’accès à l’enseignement supérieur, la situation des étudiant·e·s ne s’améliore pas !

C’est bien normal : la sélection à l’entrée ne protège en aucun cas de l’austérité les étudiant·e·s ayant eu la « chance » de pouvoir s’inscrire. Au contraire, elle accentue une forme particulièrement vicieuse et féroce de concurrence, ce à tous les niveaux : entre étudiant·e·s, entre enseignant·e·s, entre établissements et entre territoires… Les grands stratèges du dimanche, qui nous vendaient la formule classique du « moins d’étudiant·e·s pour un meilleur apprentissage » ont une fois de plus perdu leurs paris. La formule à retenir est pourtant simple : si les politiques d’investissement massif bénéficient à tou·te·s, avec l’austérité et la sélection presque tout le monde est perdant !

Cette rentrée est également marquée par la continuité des attaques contre les étudiant·e·s. Avec la CVEC de 90 euros (Contribution Vie Étudiante et de Campus), le gouvernement profite de la suppression du régime étudiant de Sécurité sociale et de la cotisation correspondante pour camoufler une hausse des frais de rentrée en une baisse. Avec la « réforme de la licence », il remet en cause de nombreuses garanties nationales quant au déroulement des enseignements et à leur validation. Les mobilisations, quelles que soient les formes qu’elles prendront, sont donc loin d’être finies…

Pourtant si les difficultés s’accumulent pour le gouvernement (avec l’affaire Benalla et la chute dans les sondages), Macron est loin d’être battu politiquement. Preuve en est, l’état du débat public en cours sur les questions éducatives. Si les médias n’ont eu d’autre choix que de dénoncer le fiasco de Parcoursup, ils n’ont en revanche jamais évoqué le coeur du problème : la sélection et les problèmes budgétaires. Exactement comme l’an dernier, lorsqu’ils accusaient APB de tous les maux. Comme si finalement, tout se résumait au choix technique d’un algorithme et pas à une confrontation politique entre des projets éducatifs diamétralement opposés.

Face à cette situation, il est urgent de faire vivre le débat politique à l’université et de renforcer en théorie et en pratique le mouvement étudiant. Voilà, pour cette rentrée comme pour tant d’autres auparavant, les tâches qui incombent aux étudiant·e·s communistes !