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L’édito de Camille Lainé

La chaleur du printemps des luttes contre la froideur de l’autoritarisme présidentiel ?

Hier, des centaines de milliers de fonctionnaires étaient rassemblés pour défendre le service public dans tout le pays. De nombreux secteurs, les manifestantes et manifestants ont alertés sur les politiques de casse sociale menées par le gouvernement.

A leurs côtés, on retrouvaient 25 000 cheminotes et cheminots qui marquaient le départ d’une longue bataille contre un gouvernement décidé à les piétiner à coup d’ordonnances et de décisions autoritaires pour mieux attaquer les droits de toutes et tous ensuite.

Toujours dans la rue hier, nous retrouvions également des dizaines de milliers de lycéennes et lycéens, étudiantes et étudiants, déterminé·e·s à continuer de dire non au plan étudiants, à la sélection à l’entrée de l’université et à la réforme du bac en préparation.

La réponse du Président de la République ?

“Je ne sens pas de colère dans le pays”.

Cette déclaration est révélatrice d’une dérive autoritaire grave que semble prendre l’exécutif.

Déjà nous pouvions nous inquiéter au tout début du quinquennat lorsqu’à peine élu, Macron décida de réduire la taille de tous les cabinets ministériels. Économique et technique en apparence, cette décision servait un autre but en réalité. Celui de limiter les pouvoirs politiques des ministres pour pouvoir en confier la plupart à l’administration. Cette administration qui est issue du même monde que lui, avec qui il a tissé des réseaux forts lors de son passage à Bercy et qui lui sert aujourd’hui de grande machine froide prête à appliquer un libéralisme qui ne dévie sous aucun prétexte.

Depuis, à l’épreuve de l’exercice démocratique du pouvoir, Macron s’est révélé de plus en plus autoritaire. Les ordonnances sont devenues la norme, le débat parlementaire est muselé et aucune prise en compte des revendications ou mobilisations ne se fait sentir.

Pire, cette semaine, l’Etat a mis sous tutelle l’Université de Toulouse ! Cette décision est l’illustration d’une volonté de ne rien laisser perturber le chemin qu’il a choisi de suivre, les objectifs qu’il se doit de remplir en guise de remerciement à ses alliés du grand patronat tant utiles dans son accession au pouvoir.

Le défi démocratique que nous pose cette attitude est immense et il semblerait que nous ayons entrevu hier une note d’espoir jamais connue encore depuis son élection. Le 22 mars peut être une date marquante où, ensemble, nous relevons la tête ! Mais nous le savons, cette journée était une étape et le chemin sera long pour construire le rapport de force nécessaire. Le combat dans lequel nous sommes entré va être rude mais nous sommes prêts à le mener.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde