Rédaction | Avant Garde
EDITO

L’éducation, la priorité du Gouvernement, vraiment ?

Tout ça pour ça ! Nous sommes passées de “la fermeture des écoles est inenvisageable” à une fermeture complète des établissements scolaires. Rien n’a été anticipé, aucune mesure n’a été prise par le Gouvernement pour s’y préparer. Au bout du compte, nous revenons à la situation d’il y a un an à la différence que depuis un an, le retard, le décrochage et les inégalités au sein du système éducatif ont été sur une pente ascendante. 

Pourtant, depuis le début de l’année 2021, le Gouvernement annonce faire de l’école sa priorité. Jean-Michel Blanquer semble s’émouvoir de l’aggravation des inégalités entre les élèves, du retard scolaire et du décrochage. Un très beau discours, dont nous partageons en bonne partie l’analyse et la nécessité de faire de l’éducation une priorité politique. 

Pourtant, au-delà du discours, les actes ne suivent pas. L’exécutif a bien laissé les écoles ouvertes, mais rien n’a été fait depuis un an pour permettre de rattraper le retard scolaire. Où est le plan de rattrapage ? Où sont les recrutements d’enseignants et la construction de nouveaux locaux pour dédoubler les classes ? Alors que les écoles ferment, nous attendons toujours la mise à disposition du matériel informatique pour chaque élève.

Pire, alors que nous traversons une crise éducative sans commune mesure depuis des décennies, Jean-Michel Blanquer se paie le luxe de supprimer des postes au concours  de l’enseignement. Comme si ce n’était pas suffisant, le ministère continue aveuglément ses réformes. Si la priorité était vraiment de permettre à chaque jeune de raccrocher et de lui permettre d’obtenir un diplôme, pourquoi continuer la sélection à l’entrée de l’université ? 

Un discours ne suffit pas à masquer l’incompétence et l’inaction du Gouvernement. Si l’école était réellement leur priorité, tout aurait été fait depuis la rentrée pour permettre de rattraper le retard et éviter que les écoles ne deviennent des clusters. 

Le discours de l’exécutif ne tient pas. Leurs motivations semblent davantage d’ordre économique que moral. D’ailleurs Geoffroy Roux De Bézieux – le patron du MEDEF – ne s’y est pas trompé. Lundi dernier, il a annoncé que la fermeture des écoles serait catastrophique pour l’économie. Non pas parce que nous aurions des jeunes moins formés, mais bien parce que les parents seraient dans l’obligation de garder leurs enfants. 

Oui, l’école doit être une priorité politique. En revanche, force est de constater qu’aujourd’hui mis à part dans les discours ce n’est pas le cas. Tout doit être mis en œuvre pour rouvrir le plus rapidement les écoles et rattraper le retard : dédoublement des classes, réquisition de salles, vaccination des enseignants, formations et recrutements massifs d’enseignants… Les solutions existent, il ne manque que la volonté politique pour les mettre en œuvre.