Affiche du Film
CULTURE

Les affamés ? Un bon moyen de rester sur sa faim…

Le sujet semblait pourtant passionnant et plein de possibilités. Même sans avoir lu le livre, ce qui est notre cas, le synopsis donnait envie. L’objectif poursuivi, à savoir de mettre en lumière les galères d’une génération qu’on tente de sacrifier et qui est condamnée à vivre moins bien que celle d’avant semblait pourtant plein de ressources et les acteurs principaux pouvaient inspirer.

Malheureusement tant sur la forme que sur le fond ce film est une déception.

Sur la forme tout d’abord, si le jeu d’acteur dans le cinéma français tend plutôt de manière générale à la caricature de personnages, ici on atteint des sommets. Rien ne semble naturel, du coup de gueule à la déclaration d’amour en passant par les soirées ou les situations de la vie de tous les jours, tout sonne faux.

Du côté du scénario, si vous aimez ne pas être bouleversés et anticiper vous serez servis. Tout est téléphoné et prévisible de la première à la dernière scène.

Sur le fond, c’est pire. Si l’on croit pendant un moment que la prise de conscience gagne les esprits et que des solutions collectives semblent s’imposer à toutes et tous, c’est finalement un hommage à l’action individuelle qui laisse supposer que la start-up nation pourrait être une solution si les plus vieux comprenaient nos envies et nos rêves.

Aucune cible, aucun responsable de la situation n’est désigné. Il y aurait donc un état de fait qui mettrait les jeunes de 2018 dans cette situation sans aucune raison politique, sans jamais dire que certains en profitent et s’en gavent. Le problème serait finalement l’incompréhension de la génération précédente.

Et cela va même plus loin quand tout au long du film revient le thème de la grève mais que le mot n’est jamais évoqué allant jusqu’à décrire une “journée sans-travail” devant le siège de…la CGT.

Loin de répondre à l’attrait qu’il suscite ce film est donc décevant, dommage car le sujet lui est primordial… Ce qui aurait pu être un film mettant en lumière la précarité subie par toute une génération de jeunes, n’est en réalité qu’un film de coloc, aux mauvaises blagues et ne soulevant pas les problématiques auxquelles notre génération est confrontée.