Affiches des films
CULTURE

Les conseils cinéma pour le week-end

Cette chronique présente les films qui m’attirent le plus parmi les sorties de la semaine. Je me base sur la filmographie du cinéaste, la bande annonce et le synopsis du film quand je n’ai pas pu le voir avant !

BlacKkKlansman – J’ai infiltré le Ku Klux Klan

“Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions.

En se faisant passer pour un extrémiste, Stallworth contacte le groupuscule : il ne tarde pas à se voir convier d’en intégrer la garde rapprochée. Il entretient même un rapport privilégié avec le “Grand Wizard” du Klan, David Duke, enchanté par l’engagement de Ron en faveur d’une Amérique blanche. Tandis que l’enquête progresse et devient de plus en plus complexe, Flip Zimmerman, collègue de Stallworth, se fait passer pour Ron lors des rendez-vous avec les membres du groupe suprémaciste et apprend ainsi qu’une opération meurtrière se prépare. Ensemble, Stallworth et Zimmerman font équipe pour neutraliser le Klan dont le véritable objectif est d’aseptiser son discours ultra-violent pour séduire ainsi le plus grand nombre.”

BlacKkKlansman est un film inspiré de pu**** de faits réels, et c’est par cette phrase que commence le film de Spike Lee.

Et ce film, qui prend son actions presque 50 en arrière, est une critique incisive de Donald Trump. Mais bien sur, il serait maladroit de résumer le film à cela. Parce que Spike Lee trouve le parfait équilibre entre l’humour et la dénonciation, l’un servant l’autre. BlacKlKlansman fait référence aux grandes luttes de l’époque, contre le Ku Klux Klan bien évidemment, mais aussi pour la libération d’Angela Davis et toute la lutte pour les droits civiques. L’humour que possède le film est dû en partie au jeu d’acteur d’Adam Driver et John David Washington qui forme le parfait duo de flics mais aussi à la qualité d’écriture des dialogues où chaque réplique à du sens.

Puis, après avoir ri pendant près deux heures, Spike Lee nous ramène à une dure réalité et les dernières images du film sont comme un douche froide, BlacKkKlansman prend tout son sens. Spike Lee signe ainsi un film politique, militant et ironique formant un pont entre l’Amérique passé et présente.

Mélancolie ouvrière – l’ouvrière a remplacé la princesse

“Retour sur le parcours de Lucie Baud, première femme syndicaliste et porte-parole féministe du début du 20ème siècle. Elle vouera toute sa vie au combat contre “l’infinie servitude des femmes”.”

Si vous êtes aux Université d’été du PCF à Angers, vous pourrez profiter de la projection en avant-première le samedi soir du film de Gérard Mordillat “Mélancolie ouvrière”.  Proche du PCF, Gérard Mordillat est connu pour son film “Vive la sociale !” sorti en 1983.

Il est rare de voir mis en scène à l’écran des figures telle que Lucie Baud, femme, ouvrière et syndicaliste, surtout dans un rôle principal. “Mélancolie ouvrière” est donc un film nécessaire pour ne se rappeler celles qu’on oublie tout le temps. C’est Virginie Ledoyen qui incarne Lucie Baud dans le film. On se souvient notamment de son interprétation de Mélinée Manouchian dans “L’armée du crime” de Robert Guédiguian. On retrouve également François Cluzet, qui avait le rôle principal dans “Vive la sociale !” joue Jean Baud, le mari de Lucie Baud.

Le film est également disponible gratuitement sur arte.

Le Monde est à toi – un grand clip de rap

“François, petit dealer, a un rêve : devenir le distributeur officiel de Mr Freeze au Maghreb. Cette vie, qu’il convoite tant, vole en éclat quand il apprend que Dany, sa mère, a dépensé toutes ses économies. Poutine, le caïd lunatique de la cité propose à François un plan en Espagne pour se refaire. Mais quand tout son entourage : Lamya son amour de jeunesse, Henri un ancien beau-père à la ramasse tout juste sorti de prison, les deux jeunes Mohamed complotistes et sa mère chef d’un gang de femmes pickpockets, s’en mêle, rien ne va se passer comme prévu ! “

Il n’est pas possible d’attribuer à “Le Monde est à toi” un genre cinématographique tant Romain Gavras mélange les styles. Et ce mélange, créant parfois des décalages, créait des scènes uniques et souvent drôles. Gavras (créateur du collectif Kourtrajmé) vient du clip et ça se ressent dans sa réalisation. Il aime inventer des plans vus nul part ailleurs, sa caméra est sans cesse en mouvement créant ainsi une dynamique dans un film où il est impossible de s’ennuyer.

Dans Le Monde est à toi, on peut entendre aussi bien du Jul que Laurent Voulzy, du PNL que du Daniel Balavoine. La réussite de Le Monde est à toi tient aussi par son casting impressionnant. Karim Leklou prouve encore qu’il est un grand espoir du cinéma français. On a le plaisir de retrouver Oulaya Amamra après le succès de Divines. Isabelle Adjani est enfin méconnaissable dans son rôle de pickpocket dans un registre comique où on la voit peu. Gavras a le bon goût de ne jamais tomber dans les clichés de la banlieue comme on a l’habitude de trop souvent voir, et ça fait du bien.