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INTERNATIONAL

Les origines de la journée internationale de solidarité avec le Peuple Palestinien

Le 29 novembre, est la journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien. Il s’agit de la date d’anniversaire de la signature du plan de partage prévoyant la création d’un État palestinien et d’un Etat Israélien.  Chaque année, partout dans le monde, des rassemblements et des manifestations ont lieu pour réaffirmer la nécessité de la solidarité internationale envers la Palestine. 

29 NOVEMBRE 1947 : Création d’un Etat Arabe en Palestine 

Afin de faire face aux tensions qui opposent juifs et arabes au sujet de cette région, cette toute jeune organisation qui succède à la Société des Nations décide de créer UNSCOP (United Nations Special Committee on Palestine). Ainsi, ce comité composé de onze États (Australie, Canada, Guatemala, Inde, Iran, Pays-Bas, Pérou, Suède, Tchécoslovaquie, Uruguay, Yougoslavie) travaillera pendant plus de cinq semaines afin de trouver une solution pacifique et impartiale aux problèmes avant de dégager deux solution : 

La première propose la création de deux États, l’un arabe et l’autre juif, avec une ville de Jérusalem placée sous l’égide des Nations Unies. La seconde prône la création d’un seul État lui-même composé d’un État juif et d’un État arabe. C’est finalement la première option qui est retenue par la majorité de l’UNSCOP, bien que certains pays comme l’Australie soient restés indécis et n’aient pas réussi à se décider entre les deux propositions. L’UNSCOP remet donc la Résolution 181 à l’ONU en septembre 194. Deux mois plus tard, le 29 novembre 1947, le texte est adopté par 33 voix pour, 13 contre, 10 abstentions et 1 absent. Il est à retenir que les États Unis d’Amérique ont exercés des pressions diplomatiques sur de nombreux pays, y compris sur la France – afin d’obtenir ce résultat.

Rejetée par la totalité du monde arabe, cette Résolution 181 qui accordait aux arabes, qui constituaient alors 67% de la population, seulement 43,5% de la Palestine, mit immédiatement le feu à cette région déjà extrêmement divisée. C’est la guerre israélo-arabe de 1948 que les Palestiniens arabes nomment al-Nakba  (« la Catastrophe ») qui mena à la création de l’Etat d’Israël, mais également à l’exode de nombreux arabes. Depuis, les relations israélo-palestiniennes n’ont pas cessé de se dégrader et aujourd’hui les droits fondamentaux des Palestiniens sont quotidiennement bafoués par l’autorité israélienne. 

En 1977, l’Assemblée Générale de l’ONU décide de faire du 29 novembre, la Journée internationale et solidarité avec le peuple palestinien, en référence au vote de la Résolution 1981. 

La Reconnaissance de l’Etat Palestinien un premier pas vers une paix durable au Proche-Orient

Si la « Résolution du Partage » établissait la création d’un État arabe d’une superficie d’environ 6920 kilomètre² allant de la Galilée occidentale à la ville d’Acre et de la Cisjordanie à la cote méridionale allant du nord d’Ashdod au sud de Rafah, aujourd’hui celui-ci ressemble plutôt à une archipelle de zones à la population majoritairement arabe disséminées en Israël et menacée par une colonisation de plus en plus virulente. Si le  « Deal of the Century » finit par être appliqué, cette impression ne fera que se renforcer jusqu’à ce que cet État Palestinien se transforme en une miriade de bantoustans vivant sous perfusion des aides humanitaires des associations et de la communauté internationale. 

Pourtant, la Palestine est un État souverain de jure et il est reconnu par une centaine de pays, mais également par l’Organisation des Nations Unies qui a admise comme un État observateur non-membre de l’ONU depuis le 29 novembre 2011.

La reconnaissance de l’État Palestinien par les grandes puissances et notamment par la France est essentielle pour péserver ce dernier de la colonisation israéliene. Il s’agissait d’une promesse du candidat François Hollande avant l’élection présidentielle de 2012. Au mois de mars 2017 plus de 150 parlementaires dont le sénateur Pierre Laurent et la députée Marie-Georges Buffet lui avaient adressé une lettre ouverte afin qu’il respecte cette promesse de campagne. Le président s’était alors contenté de répondre qu’une « reconnaissance unilatérale de l’État palestinien par la France n’aurait pas aujourd’hui l’effet d’entraînement souhaité sur nos partenaires ». 

En juin dernier, en réaction au projet d’annexion des terres palestiniennes par Israël, le Ministre des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, avait affirmé que la France reconnaîtrait en tant voulu l’Etat de Palestine. 

En ce dimanche  29 novembre, Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien,  interpellons  la France et le gouvernement afin qu’ils reconnaissent officiellement l’Etat de Palestine, mais aussi la fin de la colonisation et le retour aux frontières de 1967 comme le préconise les Nations Unies. 

Aujourd’hui, 4 500  palestiniens et palestiniennes sont détenu·e·s illégalement dans les geôles israéliennes, Marwan Barghouti, député du Fatah,  emprisonné depuis 2002, en est le symbole.   En ce 29 novembre 2020, il est nécessaire  de réaffirmer qu’aucune solution,  juste et durable, ne pourra voir le jour tant qu’Israël ne cessera d’enfermer illégalement les palestiniens et les palestiniennes.