loi-travail-XXL-1er-roundPierre Dharréville, Dominique Watrin et Sébastien Jumel
Social-Eco

Loi Travail XXL, 1er round sur deuxième loi

Face à une Assemblée Nationale quasiment entièrement acquise à un libéralisme le plus décomplexé la faible opposition cherche quand même à se faire entendre. Retour en vidéo sur les interventions les plus mémorables des députés communistes et insoumis.

Actuellement en discussion, si on peut appeler ainsi la séquence d’enregistrement à l’oeuvre. La loi travail a été adoptée la semaine dernière en commission des affaires sociales sans que la moindre modification y soit apportée, à l’exception d’un unique amendement proposé par le rapporteur de la loi. Ce qui avait donné lieu à cette intervention remarquée d’un député de la France Insoumise :

Le porte-parole des députés communistes à l’Assemblée y a lui vu :

« La preuve d’un manque d’ouverture de la majorité »

Et n’a pas hésité à noter que :

« Le soutien du groupe Les Républicains donne une nouvelle indication sur le caractère résolument libéral de ce texte. »

Une majorité écrasante contre les intérêts populaires

Le mépris de Macron pour l’Assemblée Nationale semble avoir été intériorisé par les députés de son camp qui ont abandonné tout pouvoir au gouvernement.  La majorité présidentielle fait le choix du silence pour accélérer le processus, donc avec le modem ce sont 360 députés sur 577 qui ont fait voeux de silence.

A cette proportion déjà impressionnante il faut rajouter les 100 députés de la droite qui a curieusement abandonné l’outrance et l’opposition systématique qui l’avait caractérisé lors du précédent quinquennat. Le groupe « Constructif » composé de LR et UDI semble également peu enclin à prendre la parole.

Quant au groupe Nouvelle Gauche composé des survivant de la défaite du PS, il a déclaré vouloir attendre l’adoption des ordonnances pour s’y opposer. Le projet de loi actuel étant pour l’instant trop flou pour savoir s’il est équilibré. On a autant de mal à voir la gauche que le nouveau dans ce groupe.

Des débats quand même

Le débat en assemblée sur le projet de loi d’habilitation a été ouvert par une curieuse formule de la ministre du travail.

Bien décidé à réveiller l’Assemblée et ne pas laisser le silence coupable d’une bande de notables, torpiller plusieurs décennies de luttes des salariés, le député communiste des Bouches Du Rhône Pierre Dharréville a fait ses premiers pas à l’Assemblée en joignant le geste à la parole.

Au moment de l’examen de l’article 1 par l’assemblée, son collègue Jean-Paul Lecoq, député de Seine-Maritime, n’a d’ailleur pu s’empêcher de railler l’opportunisme des députés de la majorité présidentielle.

Et des députés communistes vénères

Avec des rappels généraux

Hubert Wulfranc député de Seine-Maritime et ancien maire de Saint-Etienne du Rouvray  a utilement rappelé pourquoi le référendum d’entreprise ne pouvait pas être démocratique. Rappelant au passage que les relations entre salariés et employeurs, ça s’appelle la lutte des classes.

André Chassaigne député du Puy de Dôme a lui tenu à rappeler que les droits sociaux loin d’être une lubie de passéiste étaient inscrits dans la Constitution depuis 1946 au même titre que les droits politiques.

Sa démonstration fut complétée par Sébastien Jumel député de Seine-Maritime qui a tenu à expliquer la réalité du travail salarié à la ministre plus habituée des conseils d’administration que des usines.

Contre la fusion des instances de représentation du personnel

Cette proposition au coeur de l’article 2 du projet de loi propose  de fusionner deux instances différentes et de lui donner le pouvoir de passer outre les syndicats.

Le président du groupe, André Chassaigne a tout d’abord, rappeler que l’ensemble des syndicats y étaient opposés.

Position aussitôt complétée par Alain Bruneel, député du Nord qui à rappeler que cette proposition figurait dans le programme de … Fillon.

Hubert Wulfranc a également précisé qu’il s’agissait de mettre en place une vieille revendication patronale portée par le Medef et que lui et ses collègues se plaçaient dans l’autre camp.

Pour un contrôle démocratique par les salariés des moyen de productions

L’opposition à cette loi n’étant pas en soi un projet politique, les députés communistes ont de véritables propositions pour les salariés. Fabien Roussel député du Nord a ainsi pris la parole pour défendre qu’un minimum d’un tiers des places en conseil d’administration soit réservé aux salariés.

Pierre Dharréville a ensuite défendu dans un magnifique plaidoyer la nécessité de laisser les salariés gérer leur outil de travail, car ce sont les plus à même de le défendre.

Toutes ces interventions ont apparemment agacé fortement le président de l’Assemblée Nationale François De Rugy qui s’est laissé aller à un petit excès de langage avant l’intervention d’un député communiste, bien qu’il est affirmé par la suite que ça ne lui était pas destiné.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde