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Madame Vidal, c’est le libéralisme qui gangrène la société !

Interrogée sur la question, Frédérique Vidal, Ministre de l’Enseignement Supérieur et la Recherche a demandé au CNRS (Centre National de la Recherche Scientifique) de réaliser une enquête sur les courants de Recherche relatifs à “l’ islamo-gauchisme”. Pourtant, cette institution réalise déjà un état des lieux régulier de  la recherche en France. 

Pour la Ministre, “l’islamo-gauchisme” gangrène l’Université au même titre qu’elle gangrène la société. “L’islamo-gauchisme” ne veut rien dire scientifiquement, la ministre elle-même semble peu comprendre l’usage de ce terme et ce à quoi il renvoie. Personne n’a compris le lien qu’elle a fait entre cette demande et la nécessité que les sciences sociales se penchent sur la présence d’un drapeau confédéré au Capitole. 

Mais derrière ce bouillon incompréhensible, se cache une appropriation de notions jusqu’alors utilisées par les franges les plus réactionnaires du pays. Pour l’extrême droite “l’islamo-gauchisme” fait référence à une alliance de la gauche avec l’islam politique, ce qui  n’a aucun fondement dans le réel. 

Cette requête fait suite à un certain nombre de propos tenus par des membres du  Gouvernement dans le cadre du débat autour de loi dite sur  “les séparatismes”.  Pour n’en citer qu’un, Jean Michel Blanquer dénonçait à la fin de l’année 2020, les ravages de “l’islamo-gauchisme” au sein de l’université et la complicité intellectuelle de certains, notamment de l’UNEF.  Attaquer de la sorte une organisation étudiante de ce type qui est importante dans l’histoire du pays était une sorte d’attaque contre l’opposition démocratique de la part du Gouvernement. 

Cette requête s’inscrit également dans la continuité de la loi de programmation de la Recherche qui venait déjà mettre en danger la liberté de la recherche scientifique, dont la cheffe d’orchestre n’était autre que la Ministre elle-même. 

Les sciences sociales ne sont pas un danger pour la société, elles la font au contraire progresser. Oui, les classes sociales et le genre sont les lunettes à utiliser pour analyser la société au prisme des rapports de domination et d’exploitation. 

Le marxisme par exemple analyse la société en se basant sur le réel et l’existant, plutôt que sur des fantasmes idéologiques sans aucun fondement scientifique ; ce n’est pas l’islamo-gauchisme qui gangrène la société mais le libéralisme. À ce propos, toute la semaine nous invitons la Ministre à écouter ce que les marxistes ont à dire sur la société lors de la Semaine de la pensée Marxiste organisée par l’UEC.