rédaction
EDITO

Matraquage contre les mobilisations lycéennes

Depuis une semaine, les lycéennes et lycéens se mobilisent par milliers pour demander le renforcement du protocole sanitaire strict. 

Malgré la crise sanitaire et le confinement, les élèves sont entassés dans des classes trop petites, la taille des selfs ne permet pas de respecter les mesures de distanciations physiques, les salles de classe ne peuvent pas être aérées convenablement étant donné que les fenêtres ne s’ouvrent pas ou peu… A croire que ceux qui ont réalisé le protocole n’ont pas mis les pieds dans un établissement scolaire depuis de nombreuses années. 

Face à la montée de la mobilisation, Jean Michel Blanquer a annoncé des mesures mais celles-ci restent bien insuffisantes et sont bien souvent inapplicables. La casse de groupe classe avec la réforme du bac entraîne nécessairement un brassage des élèves, les heures de pauses notamment du midi ne sont pas extensibles, les classes ne sont toujours pas dédoublées, les mesures de distanciation ne peuvent donc toujours pas être respectées… 

L’urgence de la situation ne nous laisse pas le temps de tergiverser. Si nous ne voulons pas que les lycées deviennent des foyers de contaminations et fermes les un après les autres, le gouvernement doit agir rapidement. Il n’y aurait pas pire aveu de défaite de la part du gouvernement que d’annoncer dans quelques jours la fermeture des établissements scolaires. 

Les mobilisations ont été marquées par un usage de la violence à l’encontre des lycéennes et lycéens mobilisés. 

Tout au long des journées de mobilisation, et dans tout le pays, les forces de l’ordre ont fait usage de leurs matraques et de gaz lacrymogènes face à des jeunes dont le seul tort a été d’exprimer leur volonté d’étudier sans mettre leur santé en danger. Pour cela, certaines et certains ont même été placé en garde à vue. 

Au coups de matraques s’ajoutent les images invraisemblables de policiers contrôlant les carnets de correspondance d’élèves à l’entrée de leur établissement. 

Plutôt que d’écouter les revendications légitimes des lycéennes et lycéens, le gouvernement fait une nouvelle fois le choix de la répression. 

Depuis les mobilisations contre Parcoursup, il y a une augmentation des violences qui se manifeste à l’égard des lycéennes et des lycéens. Le gouvernement dit qu’il faut chérir la liberté d’expression, mais il envoie les CRS lorsque les jeunes s’expriment sur leur condition d’études.  

Emmanuel Macron fait glisser notre pays vers la pente dangereuse de l’autoritarisme et de la répression. Jamais nous ne devons-nous habituer à ces scènes indignes d’un état de droit, encore moins lorsque cela concerne des jeunes et des  mineurs.