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Législatives: “Faire du renouveau, en vrai pas pour la frime” (P. Laurent)

Hier soir se tenait le meeting de lancement de la campagne du PCF pour les élections législatives. Nous nous sommes donc rendu au gymnase Japy, à Paris, où de nombreux participants étaient présents avec un objectif clair : “faire entrer le peuple à l’assemblée nationale”.

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Salle comble à Japy, et visiblement à un niveau inattendu pour les organisateurs, contraints d’ouvrir les gradins pour que chacun puisse prendre place.

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C’est Nicolas Bonnet Oulaldj, Président du groupe des élus communistes à la Mairie de Paris, qui ouvre le meeting par un vibrant appel à la résistance et au vivre ensemble.

Lui qui est candidat sur cette 7ème circonscription de Paris rappelle à l’auditoire que la lutte contre l’extrême droite, contre toutes formes de discriminations et de dominations, est dans l’ADN de l’engagement politique des communistes.

“Vous êtes arrivez ici par la célèbre station de métro Charonne. Ici, le 8 février 1962, nous avons perdu neuf de nos camarades, militants contre l’OAS, militants pour la paix en Algérie. Ce drame perpétré par le gouvernement a eu lieu sous état d’urgence.”

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Après être revenu sur les attentats meurtriers de 2015 et 2016 à Paris et sur le climat de divisions qui règne, il a insisté sur le fait que c’est d’un “état d’urgence social et démocratique dont nous avons besoin ici et maintenant”.

Le “renouvellement de la politique” c’est ici que ça se passe

Ce qui est frappant quand on examine les nombreuses candidatures soutenues par le PCF, est la diversité de profils, mais également la jeunesse de ces derniers et l’implantation locale sur laquelle tous s’appuient. Pas de parachutage ici et là, seulement des militants de terrain, politiques, syndicaux, associatifs, citoyens…

On y trouve des employés (26%), des ouvriers (7%), des techniciens (5%), des cadres (14%), des fonctionnaires (20%), ou encore des retraités (25%), bref des candidats “qui vous ressemblent” nous dit-on.

70 % des candidats PCF-FDG n’ont jamais eu de mandat électif.

Nombre d’entre eux ne sont pas issus directement des rangs du PCF, mais ont rejoint la dynamique impulsée par ce dernier pour un rassemblement large de toutes les forces progressistes. On remarque particulièrement les candidatures de François Ruffin dans la Somme, de Caroline De Haas à Paris, et de Monique Pinçon-Charlot dans les Hauts-de-Seine.

A l’heure où chacun, de Macron jusqu’à la gauche parfois, cherche à surfer sur le besoin de renouveau, Pierre Laurent le rappelle :

“Le renouveau, c’est faire entrer le peuple à l’Assemblée nationale, c’est élire des ouvriers, des syndicalistes, des militants associatifs, des infirmières, des salariés des services publics, des chômeurs ou des précaires, des habitants des cités et quartiers populaires, des agriculteurs. Des hommes et des femmes qui connaissent le vécu des gens, la difficulté à trouver un emploi, à payer son loyer, à utiliser les transports publics, à vivre de leur produit  !”

Et face aux manœuvres des uns et des autres qui, comme le nouveau Président de la République, envisagent le renouvellement comme n’étant qu’un recyclage de vieilles têtes faisant peau neuve grâce à des habits à la mode, il le dit sans détour :

“Faire du renouveau, en vrai pas pour la frime, c’est voter pour les candidats présentés ou soutenus par le Parti communiste et le Front de gauche, en les faisant entrer en masse à l’Assemblée nationale.”

Le renouvellement c’est aussi l’élection de députés qui ne rendent de compte à personne d’autre qu’aux électeurs et au peuple selon le Secrétaire national du PCF. La démocratie ne saurait fonctionner dit-il, avec des élus pieds et poings liés aux intérêts d’un homme, fût-il le chef de l’État où d’un groupe d’élus.

“Des députés ou des citoyens attendant les ordres venus d’un seul homme quel qu’il soit, ou d’un groupe d’hommes triés sur le volet, ce n’est pas cela l’avenir du pays. Ce n’est pas cela une démocratie modernisée et revivifiée.”

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S’opposer quoi qu’il arrive à l’extrême droite

Le PCF avait fait un appel clair, dès le soir du 23 avril, à barrer la route à Marine Le Pen pour le second tour de l’élection présidentielle. Le résultat du 7 mai indique qu’elle a certes été largement battue, mais que le FN a tout de même progressé, remportant plus de 10 millions de voix.

Cette défaite au second tour de la présidentielle n’implique donc en aucun cas la disparition de l’extrême droite. Au contraire le parti fasciste compte bien se positionner comme la principale force d’opposition à l’assemblée. La priorité pour les communistes sera donc de “l’empêcher de revendiquer le statut fallacieux d’opposante principale à Macron”.

“Il faut d’abord et avant tout barrer la route à une entrée du FN à l’Assemblée nationale, car si le FN réussissait ce pari il serait un des principaux obstacles à la conquête d’une nouvelle majorité progressiste.”

Les enjeux politiques, dans une période aussi déstabilisée par les populismes et la toute puissance du camp de la finance, sont grands pour représenter les intérêts populaires à l’assemblée nationale.

Pierre Laurent et les communistes sont conscients que la bataille des législatives sera d’abord de battre ceux qui tentent :

“d’effacer les réalités de classes derrière le soi-disant clivage « mondialiste » contre « nationaliste », détournant ainsi les classes populaires des véritables responsables de la crise du système capitaliste”

Ne pas laisser de majorité à Macron ni à la droite

Comme pour le second tour de l’élection présidentielle, battre le FN ne signifie pas donner un blanc seing à Macron ou à la droite, qui se délectent déjà d’être en position de détruire ce qu’il reste du code du travail et de la fonction publique.

Les combat contre l’extrême droite et contre le libéralisme vont de paire, tant ces deux camps se nourrissent l’un l’autre, et tant les deux espèrent pouvoir à nouveau prendre en otage les électeurs.

“Bien entendu, on ne combattra pas Marine Le Pen dans la durée sans faire reculer les forces libérales qui soutiennent Macron. Mais on ne fera pas reculer les idées libérales en laissant prospérer Le Pen. C’est pour cela que j’ai commencé par elle. Nous ne voulons plus, dans les circonscriptions, de 2nd tour où les électeurs auraient le choix entre le FN, un candidat Macron ou des Républicains”

Les batailles parlementaires, articulées aux luttes qui vont devoir s’organiser, vont être rudes, à l’image de celles qui ont été menées déjà pendant 5 ans par les parlementaires communistes et du Front de Gauche.

Un appel renouvelé au rassemblement et à la responsabilité

Malgré le fait que la porte des négociations ait été claquée par les dirigeants de la France Insoumise il y a quelques jours, le PCF n’en démord pas. Oui il part en campagne partout mais en gardant la main tendue au rassemblement de toute les forces progressistes.

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Pas de formules incantatoires ici, par d’auto-glorification non plus. Seulement un ton grave, dans une situation qui l’est tout autant. Rien est joué, mais seule l’unité peut permettre de faire barrage au projet de Macron, de la droite et du FN.

“Nos amis, dans ce combat, nous les connaissons ce sont les forces de gauche et citoyennes que nous voulons unir, rassembler, à partir de leurs attentes, dans le respect de leur diversité, de leur parcours, de leur histoire ! Nos ennemis nous les connaissons, ils sont là devant nous : le FN, les hommes de Macron, la droite, ceux qui portent la responsabilité d’avoir voulu tuer l’idée de gauche pendant 5 ans !”

C’est dans un esprit de responsabilité et de respect de ces partenaires que le PCF s’est à nouveau positionné hier en appelant une nouvelle fois à l’union de toutes les forces disponibles.

“La meilleure chance de victoire que nous pouvons nous donner, elle est claire : c’est l’union maximale des forces, toutes les forces qui ont permis le résultat du 23 avril, une union qui les unisse vers un but commun, mais qui respecte leurs originalités. C’est cet appel que je ne cesse de lancer depuis le 23 avril, et que je renouvelle ce soir : oui, rassemblons partout où c’est possible nos candidats sous une bannière commune, respectueuse de tous, membres ou non de la France insoumise.”

Nul doute que les militants présents ont pris un bol d’air dans ce meeting dont ils sont partis regonflés. Nul doute non plus que la campagne, lancée hier, bat déjà son plein partout en France. Reste à savoir si, au delà des murs du gymnase, cet appel urgent au travail commun aura été entendu par les principaux concernés.

Retrouvez ici la vidéo du meeting :

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Collectif de rédaction d'Avant Garde