Rédaction | Avant Garde
EDITO

Ne cédons pas de terrain à l’extrême droite

Les Français ont refusé de donner une majorité de députés à Emmanuel Macron pour qu’il mène ses réformes antisociales. En revanche, ils ne veulent pas pour l’instant d’une autre majorité. 

Tout d’abord, une majorité de Français s’est abstenue dimanche dernier. Plus d’un Français sur deux ne s’est pas retrouvé dans les projets politiques portés par les différentes forces en présence. Ils ne croient plus en la capacité des députés à améliorer leur quotidien. 

Dans ce contexte d’abstention massive, le bloc de gauche ne parvient pas à devenir majoritaire malgré une nette progression. Si ses scores sont exceptionnellement élevés dans les métropoles et les quartiers populaires, elle perd du terrain dans les zones périurbaines et rurales. Comment expliquer cette perte de terrain ? 

Si la NUPES a permis de mettre en déroute le projet gouvernemental, cette alliance comporte des limites. 

La gauche a littéralement déserté certains territoires. Voilà trop d’années qu’une partie de la gauche ne s’adresse plus à une partie non négligeable de nos concitoyens. En délaissant des pans entiers de notre territoire et de notre population, la gauche cède du terrain à l’extrême droite. 

Dans cette idée, deux raisons peuvent expliquer l’arrivée fracassante de 89 députés du Rassemblement national. 

La première, sa banalisation par la droite. En n’appelant pas clairement à faire barrage, Emmanuel Macron et « Les Républicains » ont permis à Marine Le Pen d’avoir un groupe conséquent. Aucune tergiversation ni aucun compromis ne sont possibles avec l’extrême droite. En revanche, la fin du barrage républicain, ne peut expliquer à lui seul cette poussée de l’extrême droite. 

La seconde, la disparition de la gauche dans certains territoires vient laisser la place à l’extrême droite. Ne se sentant plus représenté, l’électorat de gauche tombe alors en premier lieu dans l’abstention favorisant la droite et pour d’autres même dans un vote pour l’extrême droite. 

Comment battre l’extrême droite ?

Pour illustrer ces propos, prenons l’exemple des Hauts de France. Qu’est-ce qui explique que le RN remporte les 4e et la 5e circonscriptions de la Somme, mais pas celle de Ruffin ni de Fabien Roussel dans le Nord où pourtant Marine Le Pen est en progression ? Mieux encore, comment se fait-il que malgré la vague bleu marine dans le Pas-de-Calais, Jean Marc Tellier ait réussi à faire perdre une circonscription sortante au RN en plein cœur du bassin minier ? 

Cela s’explique par l’implantation locale de ces trois élus et d’un discours d’une gauche authentique et populaire, une gauche qui n’a aucun sujet tabou et qui travaille son terrain en permanence. Ce sont ces exemples que nous devons suivre. 

Les parachutages, la faiblesse d’implantation, les discours stigmatisant une partie de la population qui n’a pas d’autres choix que de prendre sa voiture ou qui mange de la viande, ou encore l’absence de projet politique sérieux sur certaines thématiques telle que la sécurité détruisent la gauche. 

L’arrivée fracassante du rassemblement national au Palais Bourbon doit sonner l’alarme. Ne cédons plus de terrain à l’extrême droite, investissons-nous localement, partout, retrouvons une gauche authentique et populaire.