palestine-vers-gouvernement-dunion-fatah-hamasGaza en 2015 CC0 | Domaine Public
INTERNATIONAL

Palestine, vers un gouvernement d’union Fatah-Hamas ?

Lundi 2 octobre, la visite du premier ministre de l’Autorité palestinienne à Gaza était une première depuis 2015. Cette visite marque une possible réelle réconciliation entre les deux principales factions palestiniennes.

Une fracture vieille de 10 ans

Le divorce entre la bande de Gaza et la Cisjordanie datait de 2007 suite aux élections remportées par le Hamas en 2006. Le gouvernement d’union nationale avait volé en éclat après la prise de contrôle militaire de la bande de Gaza et l’éviction des responsables membre du Fatah par le Hamas.

Depuis de nombreuses discussions avaient eu lieu pour tenter de reformer un gouvernement d’union nationale et de réunir les acteurs de la résistance palestinienne. Ces initiatives étaients restées jusqu’à présent sans succès, malgré les tentatives de médiations internationales de la part des pays arabes.

Durant cette période, Israël a lancé deux opérations militaires contre la bande de Gaza en 2008 et 2014.  La bande est également soumise à un sévère blocus de la part d’Israël comme de l’Egypte qui a des conséquences humanitaires catastrophiques.

Les palestiniens de la bande de Gaza n’ont accès à l’électricité que 2h par jour, l’accès à l’eau est plus que limité, 95% de l’eau n’est pas potable. Selon l’ONU si la situation ne s’améliore pas, si le blocus ne prend pas fin, en 2020 la bande de gaza deviendra “invivable”.

Une réconciliation nécessaire pour les deux camps

Ce n’est pas la première fois que les deux factions palestiniennes annoncent un rapprochement. Cependant plusieurs éléments viennent ici renforcer la possibilité qu’un véritable accord aboutisse.

La première est la décision de Mahmoud Abbas de réduire drastiquement le montant des salaires des fonctionnaires travaillant à Gaza. Ces derniers représentaient la principale entrée d’argent dans la bande où le taux de chômage atteint des plafonds. En réaction le Hamas a été contraint de dissoudre son comité administratif, perçu comme un gouvernement parallèle par l’Autorité palestinienne.

On trouve également des raisons extérieures à ce rapprochement. Le Qatar, traditionnel soutien du Hamas, est aujourd’hui dans une position compliquée sur la scène internationale depuis que les autres nations du golf ont entamé un bras de fer diplomatique avec lui. L’Egypte du maréchal Sissi en a profité pour redevenir un acteur de médiation entre les factions palestiniennes. C’est au Caire qu’ont eu lieu les principales discussions en vue d’un rapprochement.

De son côté le Fatah n’est guère en meilleur état. Divisé sur l’attitude à adopter vis à vis d’Israël, il est aussi agité par les débats en vu de la succession de Mahmoud Abbas. Les pays du golf ont déjà désigné leur candidat en la personne de Mohammed Dahlan, ancien responsable du Fatah à Gaza.

Une réconciliation pour desserrer l’étau

Le Hamas, malgré une nouvelle charte, reste un repoussoir pour nombres d’acteurs internationaux. Sa charte initiale antisémite et son refus de reconnaître un Etat Palestinien dans les frontières de 1967 l’ont coupé de l’Organisation de la Libération de Palestine (OLP).

Cette année, le Hamas a adopté une nouvelle charte considérant Israël comme une entité politique et non plus religieuse et affirme lutter pour un Etat palestinien tel que largement admis au sein de l’OLP. Cependant ce changement n’a pas vraiment produit d’effet sur la scène internationale.

Le blocus de la bande de Gaza demeure et le Hamas est toujours majoritairement perçu comme une organisation terroriste. La frontière avec l’Egypte n’est ouverte que de façon épisodique alors que la crise humanitaire menace.

Les habitants étaient très nombreux à accueillir le premier ministre de l’Autorité palestinienne, cette visite a apporté beaucoup d’espoirs. Un des premiers espoirs des gazaouis, est que cette réconciliation aboutisse à un assouplissement du blocus pour permettre à la vie de retrouver un semblant de normalité.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde