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Éducation

Parcoursup, l’inquiétude avant les premières réponses

Depuis que la plateforme Parcoursup à été lancée le 15 janvier dernier, le vrai visage de la sélection s’est dévoilé. Si enseignants, élèves et administrations étaient dans un premier temps plutôt majoritairement favorables au changement de procédure d’admission dans l’enseignement supérieur, l’application réelle de celle-ci semble plus difficile que sur le papier. Entre stress et inquiétude, les avis se partagent.

Un nombre de paramètres très important pour un tri manuel

Les administrations ont reçu les dossiers, et se sont vite rendues compte du taux d’informations énorme qu’il leur faudrait trier. Entre bulletins, infos de l’élève, avis du professeur principal, lettres de motivation… le boulot va être en fait un peu plus long que prévu. Certaines Fac, dans un souci de gain de temps, ont opté pour l’usage d’algorithmes, qui pourront restés secrets. Lucas, en terminal ES, avait déjà, à son inscription sur la plateforme, observé le problème :

« Ce qui m’a étonné, c’est qu’on nous demande si on est des athlètes ou des artistes de haut niveau. J’ai trouvé que dans les paramètres à remplir pour s’inscrir, y’en avait beaucoup qui étaient assez inutiles… »

Les lettres de motivation injustes et peu comprises

D’autant plus que, en ce qui concerne les lettres de motivation, le flou est total. La rédaction de ses lettres n’étant à la base pas prévue comme obligatoire pour la validation des voeux, tous les candidats se sont vus obligés de les rédiger pour que leurs projets soient pris en compte.

Et outre le problème sociologique qui va faire que les élèves issus de familles aisées pourront être aidés par leurs parents et pas forcément les autres, cela pose un problème organisationnel. En effet, la plupart des Fac n’auront pas le temps de lire toutes les lettres. Et ça, les candidats le savent pertinemment. La rédaction obligatoire de ces lettres parait aberrante à Dimitry, terminal S :

« Qu’on soit obligé de faire des lettres de motivation, ça m’a étonné. Ça fait vraiment recherche d’emploi. Mais c’est pas un emploi qu’on veut, c’est se préparer à un emploi. »

Il n’a donc, comme beaucoup d’autres, pas pris trop de temps pour les écrire :

« J’ai fait des copier/coller pour toutes les filières que j’ai demandées, et je me suis beaucoup aidé d’internet pour les faire ».

Une procédure qui s’annonce bien longue

Enfin, la charge de travail nécessaire à la sélection des dossiers ou non, est telle que certaines Fac auraient certainement besoin de  plus de personnel. S’ajoute à cela le fait que personne ne sait vraiment comment les choses vont se passer dans le contexte actuel, et que les enseignants n’ont toujours pas de nouvelle des primes qu’ils sont censés recevoir pour le travail d’analyse des dossiers, ce qui les rend quelque peu inquiets.

En ce qui concerne les élèves, la date limite imposée aux établissements pour rendre leurs réponses étant fin juillet, certains lycéens s’inquiètent. C’est le cas de Cassandre, terminal L :

« J’espère que j’aurai mes résultats vite, parce que on peut en avoir jusqu’en septembre, j’ai pas envie de flipper toutes les vacances d’été en attendant de savoir dans quelle Fac je vais aller… ».

Elle trouve aussi que les délais de réponses de l’élève (« oui », « non », « oui, mais ») sont aussi courts :

« Ça me fait flipper d’avoir une semaine pour y répondre. Ma vie, mon futur en tout cas, se joue en une semaine. En plus, c’était pas prévu qu’on ait des réponses avant le 25 mai… Y’a des gens qui aurait pu louper leurs écoles… Personne nous a prévenu… »

On observe donc que la plupart des usagers et enseignants se rendent de plus en plus compte que Parcoursup est, dans la réalité, plus un poids administratif qu’un outil de sélection pratique. Les nombreux dysfonctionnements que présentent cette plateforme révèlent les dysfonctionnements plus profonds de la réforme.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde