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PLAN « 1 jeune, 1 solution », UNE SOLUTION POUR QUI ?

Le gouvernement a présenté son plan « 1 jeune, 1 solution » avec un objectif affiché de diminution du taux de chômage ciblé sur les moins de 26 ans. Mais à qui s’adresse vraiment ce plan d’aide ?

Avec un taux de chômage de 21.6% chez les moins de 25 ans et qui devrait augmenter à plus de 30% en décembre, les jeunes sont les plus affectés par la crise économique. Pour répondre à cette urgence, le gouvernement veut poursuivre une politique inefficace d’exonérations de cotisations sociales pour les employeurs. Un plan consistant à subventionner des emplois toujours plus précaires et mal payés.

Un plan en direction des employeurs

En juillet déjà, Macron annonçait que dans ce plan figureraient des nouvelles suppressions de cotisations sociales. Un coup porté aux caisses de la sécu alors même que les mécanismes de redistribution s’avèrent plus que jamais indispensables dans la période. Une politique qui correspond aux exigences du MEDEF qui déclarait dans un communiqué au mois de juillet avoir « été entendu ».

Pour encourager l’apprentissage, les patrons n’auront plus à payer les apprentis : une aide de 5000€ pour un jeune de moins de 18 ans et 8000€ pour un apprenti majeur seront versée par l’Etat. Tous les efforts sont portés sur le « coût » du travail, alors même que les travailleurs et travailleuses sont les premier.ère.s créateurs de richesses.  

Pendant ce temps, le gouvernement reste sourd aux demandes d’une jeunesse précarisée et continue de l’enfoncer. En effet, le renforcement du nombre de contrats précaires est à l’ordre du jour via des créations de contrats d’insertions et de services civiques. Le premier ministre Castex a notamment annoncé la création de 100 000 missions de service civique dans le but d’endiguer le chômage. Une annonce qui démontre là le véritable usage des services civiques, bien à côté de l’objectif initial qui était « d’encourager l’engagement citoyen ».

Aucune mesure en direction des salarié.e.s

Appliquées depuis des décennies, les politiques d’exonération n’ont jamais fait leurs preuves et ne sont jamais suivies de contreparties en termes d’emplois durables. Aucune annonce n’est faite pour l’augmentation des salaires alors même que des cotisations patronales sont supprimées à grande échelle. Concernant les incitations à l’embauche, le gouvernement met en place une subvention de 4000€ sur un an pour un salarié embauché sous CDI ou CDD d’au moins trois mois. En clair, sur une durée d’un an, le CDI ou le CDD est subventionné de la même manière : deux formes de contrats mis à égalité alors qu’il n’en est rien pour les salarié.e.s. Un vrai plan pour la jeunesse et non pour le patronat se devrait de prioriser l’accès à un emploi sécurisé en priorisant le CDI.

Par ce plan le gouvernement veut faciliter l’accès à une force de travail de moins en moins chère pour les capitalistes, au prix d’une précarité accrue pour les travailleurs et travailleuses.