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INTERNATIONAL

Présidentielle en Equateur : vers un nouveau retour de la gauche ?

Le 11 avril prochain, les Équatoriennes et Équatoriens vont élire leur nouveau président. Celui-ci aura la lourde tâche de répondre à la grave crise politique qu’a aggravée la pandémie de covid-19. 

Au second tour : socialisme ou libéralisme ?

Le 7 février dernier, dans ce pays niché entre la cordillère des Andes et l’Amazonie, pourtant habitué aux secousses quelles soient sismiques ou politiques, le résultat du premier tour des élections présidentielle fut inattendu. 

En effet le candidat favori, Andrés Arauz, candidat socialiste qui s’inscrit dans la continuité de l’ancien président Rafael Correa, extrêmement populaire pour l’implantation de nombreuses mesures sociales, n’arrive pas à s’imposer suffisamment pour emporter une majorité confortable (32%) et devra donc disputer un second tour face à Guillermo Lasso, candidat de la droite libérale et conservative, déjà trois fois candidat, un milliardaire qui a participé aux différents gouvernement des années 2000 où ceux-ci se succédaient au fil des démissions. 

La surprise vient aussi de Carlos « Yaku » Pérez, un libéral porté sur les questions écologistes et les droits des indigènes. Paradoxalement, Carlos « Yaku » Pérez fait partie d’une organisation historiquement de gauche, la confédération des nationalités indigènes de l’Équateur. 

Le grand absent de cette présidentielle est l’actuel président, Lénin Moreno, qui contrairement à son homonyme n’est absolument pas de gauche malgré qu’il soit théoriquement le successeur de Rafael Correa. Trahissant son camp social, il a fait vivre au pays une pure politique néo-libérale, à base de privatisations, de destruction du droit du travail et d’assujettissement complet aux politiques du Fond Monétaire International (FMI). On peut dire sans trop de risque qu’il est un des hommes politiques les plus détestés du pays.

Un pays plongé dans une crise politique et économique

L’Équateur fait face à une grave crise avant même la pandémie, dépendant de ces exportations de carburant et autre matière première, le virage profondément libéral de Lénin Moreno plonge le pays dans une crise économique profonde. 

À tel point qu’en 2018, de grandes manifestations en réaction à l’augmentation du prix de l’essence et contre l’explosion des inégalités vont pousser le président à faire machine arrière. En 2020, le pays est fortement touché par la pandémie. 

En parallèle et depuis son élection, Lenin Moreno essaye de détruire tous les accomplissements de son prédécesseur Rafael Correa. Notamment en l’accusant de corruption (sans aucun fondement) et le poussant à l’exil en Belgique. 

La calomnie va s’abattre à présent sur le protégé de Correa, Andrés Arauz, économiste, qui est tour à tour accusé d’être corrompu, d’être financé par des groupes paramilitaires colombien et d’être une marionnette de Cuba et du Venezuela. Tout ça est diffusé abondamment dans les médias à la solde de bourgeoisie équatorienne. À présent, que ce soit Carlos « Yaku » Pérez ou Guillermo Lasso, ils dénoncent une fraude électorale et demandent un recompte. Encore une fois sans véritable preuve d’une quelconque fraude.

La victoire du candidat socialiste, Andrés Arauz, ne sera pas si simple. Face à une alliance des libéraux et de la droite, derrière Guillermo Lasso, pour détruire définitivement les acquis du « le socialisme du XXI° siècle » de Correa. Malgré tout Andrés Arauz profite d’un fort soutien populaire et notamment chez les indigènes de Yaku. L’avenir de l’Équateur va donc se jouer le 11 avril prochain. Va-t-on assister comme au Chili et en Bolivie à la défaite des forces réactionnaires ou alors le parti de l’ordre l’emportera-t-il ?