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EDITO

Prêt étudiant ou revenu étudiant ?

Le délégué général de La République En Marche, Stanislas Guerini a proposé en janvier dernier, en pleine mobilisation contre la précarité étudiante et la reprise des cours en présentiel, la mise en place d’un prêt étudiant. Une proposition qui a fait peu de bruit mais qui semble désormais intéresser Bruno Le Maire, ministre de l’Économie. 

Guérini présente son capital jeune comme un “outil d’émancipation”, un prêt à taux 0 et s’élevant à 10 000 € pour les 18-25 ans, soit 120€ par mois pendant 7 ans. Nous voyons là un premier problème. Comment sortir durablement les étudiants et les étudiantes de la précarité avec en tout et pour tout une centaine d’euros par mois ? 

Le second problème, est la question de l’endettement. Pour Bruno Le Maire, les étudiants et les étudiantes rembourseront leur prêt “Que s’ils ont la faculté de les rembourser, parce qu’ayant trouvé un emploi permettant de les rembourser”. 

Avec cette fausse solution, le Gouvernement tente une fois de plus, de faire peser le financement des études sur les étudiants et les étudiantes eux même. Le prêt étudiant sous-entend, et c’est la façon dont il est amené ici, que les études et la formation sont un coût pour la société, et que c’est pour cette raison que les étudiants et les étudiantes doivent les financer. 

C’est prendre le problème à l’envers. Une jeunesse formée dignement et convenablement est une richesse pour la nation. Pour cela, il est nécessaire de mettre en place une solidarité nationale afin qu’une partie des richesses produites soit redistribuée dans la formation. 

L’instauration d’un revenu au-dessus du seuil de pauvreté, pour les étudiants et les étudiantes, financé par les cotisations sociales permettrait d’une part de sortir de la solidarité familiale qui génère des inégalités et ne permet pas une autonomie, mais également que les étudiants et les étudiantes n’aient pas à s’endetter pour financer leurs études et à travailler à côté plutôt que de s’y consacrer pleinement. 

Voulons-nous vraiment d’un modèle à l’américaine avec des dettes à vie, ou bien investir dans la jeunesse ? Plutôt que d’endetter toute une génération dès l’entrée dans la vie professionnelle, qui au passage se fait majoritairement par la précarité de l’emploi, il faut sécuriser la formation et les parcours de vie.