Rédaction | Avant Garde
FRANCE Social-Eco

Reportage : la protection de l’enfance en danger

Depuis plusieurs semaines, les acteurs de la protection de l’enfance sont fortement mobilisés, en particulier dans le Maine et Loire. En cause, l’austérité appliquée à ce secteur au détriment des usagers et des travailleurs. Ce lundi 12 juin, une manifestation nationale était organisée à Angers. Reportage.

Dans le Maine et Loire, une situation inacceptable

Dans le Maine et Loire, les salariés des associations de protection de l’enfance se mobilisent. En cause, le résultat de l’appel à projets du département et la décision prononcée par son Président, M. Christian Gillet, de débouter les acteurs historiques du secteur.

Les conséquences en seraient dramatiques. D’abord c’est l’abandon des centaines d’enfants placés et/ou aidés par ces structures depuis de nombreuses années. Les moyens affectés à la mission n’étaient déjà pas à la hauteur des énormes besoins, et voilà que M. Gillet s’apprête à lui porter un coup fatal. Ce sont aussi plus de 350 salariés de ces associations qui se voient directement menacés, et dont le travail se voit méprisé par la décision du Conseil Départemental.

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Cercueils symbolisant les associations de protection de l’enfance qui n’ont pas été retenues dans l’appel à projets du département.

Les organisations syndicales et les travailleurs mobilisés dénoncent cette logique d’appel à projets. Cette dernière met en concurrence et marchandise le travail social, au détriment des conditions de travail et de l’accueil digne et efficace des jeunes de ce département comme du pays dans son ensemble.

Une logique nationale

Cette situation ne dépend pas seulement du département de Maine-et-Loire, il s’agit bien d’une logique nationale mortifère.

D’abord il y a l’austérité appliquée aux collectivités territoriales. Quand l’Etat se désengage progressivement de ses responsabilités, les collectivités se voient contraintes de faire des choix de restriction dans leurs services et en direction des associations.

La droite pratique sans vergogne des saignées dans les domaines les plus essentiels pour les jeunes et les classes populaires.

Évidemment, si toutes les collectivités sont touchées par la baisse des dotations, leur choix dépendent de leur couleur politique. En l’occurrence, la droite pratique sans vergogne des saignées dans les domaines les plus essentiels pour les jeunes et les classes populaires, comme en témoigne le cas du Maine et Loire.

Enfin, au delà de la question centrale des moyens, c’est la logique d’appels à projets – comprendre appels d’offres – qui met en grand danger les structures, les personnels et les missions de l’action sociale, notamment en ce qui concerne la protection de l’enfance. En clair, c’est le moins cher et le plus rentable qui remporte la mise et non celui dont l’expérience et le savoir faire permettent d’assurer au mieux la mission.

Une mobilisation qui prend de l’ampleur

La mobilisation dans le Maine et Loire a débuté à l’initiative de l’intersyndicale (CGT, FO CFE/CGC, SUD), puis elle a pris une ampleur nationale en recevant le soutien de fédérations nationales du secteur concerné (CGT, CFE/CGC, FO, FSU et SUD).

Au delà des organisations syndicales et des salariés du secteur, se sont de nombreux militants et bénévoles associatifs qui étaient présents ce lundi à Angers.

Dès le matin, ce sont également les jeunes travailleurs sociaux en formation qui étaient mobilisés, avec le soutien de l’UNEF notamment.

A midi de nombreux participants étaient déjà là, Place du Ralliement, devant un concert, en attendant le départ de la manifestation à 14 heures.

 

Les associations menacées par les arbitrages du Conseil Départemental de Maine et Loire, ainsi que leurs salariés, occupaient une place centrale.

Dans la manifestation, de nombreux jeunes étaient au rendez-vous, et les militants du Mouvement Jeunes Communistes de France répondaient à l’appel.

Au total ce sont 1800 personnes qui étaient réunies dans les rue d’Angers, dans une ambiance chaleureuse et festive qui n’enlevait rien à la colère de participants.

 

Malgré l’approche de l’été la mobilisation va se poursuivre pendant le mois de juin. Avant Garde suivra l’évolution de la bataille.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde