rédaction
EDITO

Quand le sport se lève contre les discriminations

Mardi soir, c’était soir de match. À l’occasion de la dernière journée des phases de poules de la ligue des champions, le Paris Saint-Germain rencontrait le club turc du Basaksehir Istanbul. Le match a vite pris une tournure inattendue. Au bout d’une vingtaine de minutes de jeu, les joueurs ont décidé d’interrompre le match suite à une insulte raciste de la part du quatrième arbitre. L’interruption d’un match de la part des joueurs est une première dans l’Histoire de la ligue des champions. Aux yeux du monde entier, les joueurs ont affirmé que le racisme était incompatible avec les valeurs de leur sport.

Les joueurs des deux équipes ont affirmé d’une seule et même voix que le sport était avant tout porteur de valeurs de fraternité et de solidarité. Peu importe les considérations économiques, ils ont montré aux yeux du monde entier que le racisme n’avait pas sa place dans les stades.    

N’en déplaise à certains détracteurs, le football n’est pas que du business. Mais il ne peut pas non plus être réduit à la simple pratique d’une activité physique et à la compétition. Le sport transmet des valeurs et a donc un rôle politique indéniable. 

Aujourd’hui, les clubs de sports sont probablement les institutions qui brasse le plus de jeunes après l’éducation nationale. Ils ont un rôle central dans la socialisation des plus jeunes. Leur rôle pédagogique est essentiel. 

La plupart d’entre eux ne se contentent pas d’enseigner une activité physique mais transmettent également des valeurs de fraternité, de solidarité et d’égalité. C’est donc naturellement que de plus en plus de clubs s’attellent à féminiser leur rang et que des équipes mixte ou féminine voient le jour à travers le territoire. Le sport est un levier qui doit permettre de lutter contre les stéréotypes de genre. 

Le sport est donc un lieu d’apprentissage et un levier pour l’émancipation. Ce rôle doit être réaffirmé avec force.

Les clubs amateurs doivent être dotés de moyens à hauteur de l’enjeu qu’ils représentent. Le sport ne peut plus être relégué au second plan. Il est nécessaire d’avoir une politique ambitieuse en la matière avec un réel engagement de l’Etat à tous les niveaux. Pour cela, il faut mettre en place un réel véritable service public du sport pour le rendre accessible au plus grand nombre. Ce service public doit en premier lieu permettre : la gratuité, le développement d’infrastructures de proximité, la rénovation d’anciens équipements, un plan de pré recrutement afin de former des éducatrices et éducateurs sportifs…