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Qu’est ce qu’on attend pour mettre fin au mal logement?

La fondation Abbé Pierre vient de lancer une campagne nationale contre le mal-logement. En France  plus de 12 Millions de personnes en sont victimes. La fondation publie, tous les ans, un rapport accablant.

Le constat

Le logement est la pierre angulaire de la vie sociale. Étudier, travailler, construire une famille, tout cela nécessite un logement décent. Pourtant, le loyer, le gaz et l’électricité font partie des plus gros postes de dépense. Surtout pour les familles modestes. Selon une enquête de l’INSEE de 2010, une famille locataire dans le privé consacre, en moyenne, 26.9% de ses revenus à son loyer. Aussi, moins on gagne, plus l’on consacre une part importante de ses revenus à son logement. Le logement devient de plus en plus cher et le travail rare … La conséquence, en France, faute de revenus suffisants, 12,2 Millions de personnes sont touchées par la précarité énergétique, plus de 2 millions vivent dans des taudis et 8,5 millions vivent en situation de surpeuplement. Selon la fondation Abbé Pierre ce sont 141 500 personnes qui sont sans domicile en France et 17 929 qui vivent dans des bidonvilles. Pour la moitié, ce sont des familles avec enfants.  Cela a ainsi de graves conséquences sur la santé, la scolarité et la sécurité des enfants.

Les paradoxes de notre société

La campagne menée par la fondation Abbé Pierre pointe aussi plusieurs paradoxes … La France compte 3 des 6 leaders de la construction mondiale mais est incapable de construire et rénover assez pour loger chacun dignement et à prix raisonnable. La France est la 5ème puissance mondiale et laisse pourtant nombre de ses habitants mourir de froid dans la rue.

La question du logement est révélatrice des maux du capitalisme. Notre société permet à ce qu’un besoin vital, celui d’avoir un logement soit un bien marchand. Notre société permet à des propriétaires privés de s’enrichir sur le dos des locataires. Le logement est un moyen comme un autre de se faire du fric pour des propriétaires et des entreprises. Là aussi, c’est la loi du profit qui prime sur les besoins humains.

Pourtant des lois existent

Pour garantir les droits, des lois existent mais de nombreux gouvernements refusent de les appliquer.  Une loi permet la réquisition des logements vides, il y a plus de 2 millions de logements inoccupés. Cela pourrait permettre largement de loger toutes les personnes sans domicile.  Ce qu’il manque : une volonté politique. La loi Solidarité Rénovation Urbaine (SRU) oblige aussi les communes de plus de de 3500 habitants à construire au moins 25% de logement sociaux. 1973 sont concernées mais 1115 communes n’appliquent pas la loi. Des communes de droite comme Neuilly sur Seine ou Nice ou d’extrême droite comme Fréjus.  Certaines communes au contraire font bien plus que ce que leur dicte la loi et font tout pour rendre le logement accessible au plus grand nombre. La mairie communiste de Gennevilliers compte par exemple plus de 60% de logements sociaux. D’autres communes comme Bagneux ont signé une charte avec les promoteurs immobiliers, comme Bouygues ou Vinci, pour faire baisser le prix des logements neufs.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde