Rédaction | Avant Garde
EDITO

Réforme du bac : les lycées au bord de l’implosion

Rien ne va plus au lycée. Depuis la rentrée scolaire, les témoignages se multiplient sur les difficultés qui se posent dans l’application la réforme du bac. Les problèmes sont tels que les syndicats enseignants dénoncent la tenue des épreuves de contrôle continu cette année et demandent le retour à un examen terminal. 

En plus de l’ensemble de ces difficultés, le principal problème de cette réforme n’est pas encore perceptible par les élèves. La perte du caractère national du diplôme du baccalauréat remet directement en cause l’égalité entre les bachelières et bacheliers. Il y aura dorénavant autant de baccalauréats qu’il existe de classe de terminal aujourd’hui en France. Autrement dit, le diplôme n’aura plus de valeur en tant que telle et dépendra du lycée dans lequel il a été obtenu. Il y aura désormais une éducation à deux vitesses : avec d’une part les établissements qui seront les mieux cotés et permettront d’intégrer toutes les filières de l’enseignement supérieur et les autres qui seront cantonnés aux études les moins sélectives.

La réforme du bac vient achever ce qu’a initié Parcoursup. Sous couvert de sélection au mérite, la plateforme a mis en place une sélection sociale à l’entrée de l’université. Le critère du lycée d’origine deviendra encore plus discriminant qu’actuellement. Ces réformes vont ainsi produire des effets désastreux et vont fermer définitivement les portes de l’enseignement supérieur aux enfants issus des classes populaires. 

Ces politiques libérales au sein de l’enseignement vont amplifier les inégalités déjà bien présentes. L’école, qui devrait permettre à chacune et chacun d’accéder au métier de son choix, devient un peu plus encore l’outil de la reproduction sociale.