retrait-etats-unis-disrael-de-lunescoCheckpoint à Hébron - CC0 | Domaine Public
INTERNATIONAL

Retrait des Etats-Unis et d’Israël de l’UNESCO

La première puissance mondiale après avoir stoppé sa participation au budget de l’organisation internationale depuis 2011, a annoncé hier son retrait officiel, rejoint quelques heures plus tard par l’Etat hébreux. Le pays de Donald Trump entend protester ainsi contre le caractère anti-israélien de l’UNESCO.

L’UNESCO une institution internationale pour la paix

L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, appelée UNESCO de son acronyme anglais : United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization a été créé dès 1945 pour promouvoir la paix entre les peuples par la culture et l’éducation.

Les Etats-Unis ont eu une histoire tumultueuse avec l’institution basée à Paris. En 1984, Washington s’était déjà retiré accusant l’organisation internationale d’être un relai du bloc communiste et du tiers-monde. Le retour ne s’était fait qu’en 2003 avant de suspendre sa participation financière en 2011  à la suite de la reconnaissance de la Palestine comme Etat membre.

L’UNESCO est aujourd’hui principalement connue pour son action de classement du patrimoine. L’institution est régulièrement l’objet de critiques, accusée de d’avoir une approche fétichiste du patrimoine et a pu paraître parfois totalement décalée. Ses condamnations des destructions de vestiges antiques au milieu du chaos syrien, ont notamment pu être diversement appréciés au regard des souffrances humaines.

Hébron, ville 100% palestinienne pour l’UNESCO

La crise actuelle est motivée par la décision de l’institution d’avoir classé la vieille ville d’Hébron comme patrimoine palestinien exceptionnel en danger.

La vieille ville d’Hébron a pour particularité d’abriter une colonie israélienne ainsi que la mosquée d’Ibrahim ou le tombeau des patriarches, lieu saint musulman et juif. La souveraineté sur ce lieu est théoriquement palestinienne mais il est en réalité occupé illégalement par Israël.

Le classement comme site palestinien ainsi que « en danger » avait achevé d’exaspérer le gouvernement israélien qui avait fustigé par la voix de son premier ministre  une décision « délirante » avant d’ajouter :

« Pas un site juif ? Qui est enterré là ? Abraham, Isaac et Jacob. Sarah, Rebecca, et Léa. Nos pères et nos mères [bibliques] […] Et le site est en danger ? Il n’y a que dans les endroits où Israël est présent, comme Hébron, que la liberté de religion est garantie pour tous. »

A l’inverse l’autorité palestinienne avait salué une décision qui reconnaissait sa souveraineté sur la ville et qui dénonçait la colonisation.

Au-delà de l’UNESCO une remise en cause de l’ordre international

L’annonce des Etats-Unis dépasse cependant la portée du soutien aveugle à Israël décidé par l’administration de Trump. Elle marque une étape de plus dans la mise en place de la nouvelle doctrine américaine « America First ».

Après le terrifiant discours du président américain à l’assemblée générale des nations unies, c’est un nouveau message de mépris qui est adressé aux institutions internationales qui promeuvent le multilatéralisme. Alors que son prédécesseur s’employait à faire croire un certain respect du droit international, le nouveau locataire de la maison blanche s’en moque totalement.

Israël qui partage la même détestation du droit international s’est empressé d’imiter son allié américain en déclarant qu’une nouvelle période s’ouvrait :

« celle où quand on pratique la discrimination contre Israël, il faut en payer le prix »

Ces décisions laissent transparaître les tristes visions qu’ont ces deux états des relations internationales. Ils ne les conçoivent qu’à travers la violence niant les progrès qu’a permis la création de l’ONU depuis 1945. La position de regret de la France est aujourd’hui insuffisante et pas à la hauteur de la situation.

 

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde