Rédaction | Avant Garde
EDITO

Retraites, qui peut crier victoire ?

Samedi dernier, le Premier ministre a annoncé l’utilisation de l’article 49 alinéa 3 de la constitution pour mettre fin aux débats sur la réforme des retraites. Suite à l’utilisation de cet article, les députés de l’opposition ont déposé deux motions de censure qui ont été rejetées mardi dernier.

Le gouvernement qui avait déjà décidé de passer en force en déposant son projet de loi à l’Assemblée malgré une contestation inédite par sa force sa durée et le soutien des deux tiers des Français contre cette réforme. Il décide maintenant de passer sa réforme en force non seulement contre le peuple, mais aussi contre ses représentants.

Le rejet de la motion de censure par les députés de la majorité n’est en rien étonnant. En revanche, ce qui est le plus choquant dans l’utilisation de cet article, c’est le cynisme dont a fait preuve l’exécutif.

Le gouvernement s’est servi d’une réunion extraordinaire du conseil des ministres sur le coronavirus pour utiliser cet article de la Constitution. Edouard Philippe se sert de la crise sanitaire du coronavirus comme d’une opportunité politique pour passer sa réforme en force à l’Assemblée.

Ce dernier épisode vient clôturer une mauvaise série. La réforme ne sera finalement pas universelle. Le nouveau système interviendra au mieux dans 50 ans, une durée qui permet d’affirmer qu’il ne verra probablement jamais le jour. L’opinion publique est toujours opposée à cette réforme, la mobilisation sociale perdure. Le projet de loi est adopté, mais qui peut aujourd’hui crier victoire ?

Non content d’affaiblir la Sécurité sociale et donc d’obscurcir l’avenir, le gouvernement a également affaibli la démocratie.

La cote de popularité d’Emmanuel Macron ne cesse de dégringoler. L’utilisation abjecte du 49.3 entame encore le peu de confiance qui demeurait entre les Français et la tête l’exécutif.

Un geste permettrait de redonner du sens à la démocratie : le retrait de cette réforme injuste.