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INTERNATIONAL

Révoltante extradition de Julian Assange aux Etats-Unis

Ce mardi 19 avril, la justice britannique a autorisé l’extradition du journaliste australien Julian Assange aux États-Unis. C’est un événement extrêmement grave, qui devrait normalement susciter des protestations massives.

Julian Assange est un des plus grands journalistes des dernières décennies. Il est le journaliste le plus primé du 21e siècle. Son travail a permis des avancées colossales dans le combat pour l’information. L’organe de presse WikiLeaks, qu’il a fondé en 2006, a grandement fait avancer le métier de journaliste.

WikiLeaks et les États-Unis

Le principe de WikiLeaks est simple. Des lanceurs d’alerte anonymes transmettent des documents qu’ils jugent importants sur des sujets divers, les équipes de WikiLeaks les évaluent. Puis, si le document est jugé authentique, il est publié en accès libre sur internet par l’équipe de WikiLeaks. Julian Assange en a été le rédacteur en chef jusqu’en 2018.

Ce mode de fonctionnement est révolutionnaire. En effet, il permet à la fois la transparence totale de l’information et la sécurité des lanceurs d’alerte. Dont l’identité est protégée par WikiLeaks. Ainsi, des millions de documents ont été divulgués en une quinzaine d’années, y compris des câbles diplomatiques de la plus haute importance ou des documents relatifs au traitement infligé aux prisonniers dans la prison américaine de Guantanamo.

En bref, le travail d’information de Julian Assange et ses collègues déplaît fortement aux États-Unis. Ils sont parmi les premiers concernés par ces divulgations de documents.

En avril 2010, WikiLeaks publie la vidéo « Collateral murder ». Ce document a bouleversé le monde. On y voit l’armée américaine tirer délibérément sur des civils irakiens depuis un hélicoptère, y compris des femmes et des enfants. Dans le même temps, WikiLeaks publie 90 000 documents sur les agissements de l’armée américaine au Moyen-Orient et en Asie centrale, sur les liens des talibans avec le Pakistan, etc.

Cet épisode va mettre le feu aux poudres. En décembre de la même année, Julian Assange se voit qualifié de « terroriste de haute technologie » par Joe Biden en personne. Sarah Palin, une élue républicaine, le qualifie quant à elle « d’agent antiaméricain qui a du sang sur les mains ». Il est accusé d’atteinte à la sécurité nationale et même d’espionnage ! Un comble pour un journaliste, dont le métier consiste justement à diffuser des informations…

Mandat d’arrêt

À partir de cette année 2010, les États-Unis mettent tout en œuvre pour mettre la main sur Julian Assange. Un mandat d’arrêt international est délivré contre lui. Comme il est en Grande-Bretagne, il est contraint de se réfugier dans l’ambassade de l’Équateur. Un pays gouverné à l’époque par le progressiste Rafael Correa et qui le soutient dans son combat contre l’impérialisme américain.

Il passera 7 ans enfermé dans l’ambassade équatorienne en Angleterre, en étant toujours rédacteur en chef de WikiLeaks. Mais sans pouvoir sortir pour autant. En 2019, le nouveau gouvernement équatorien de Lenin Moreno est revenu sur sa position et a livré Assange à la justice britannique.

Depuis, Julian Assange vit un véritable calvaire. Il est détenu à la prison de haute sécurité de Belmarsh, en Angleterre. Le rapporteur à l’ONU sur la torture Nils Melzer a déclaré qu’il présentait tous les symptômes de la torture psychologique. En décembre 2021, on a appris que Julian Assange avait même fait un AVC en prison. Ce qui en dit long sur la façon dont il est traité là-bas.

Et pendant ce temps, les révélations pleuvent. À l’été 2021, on a notamment appris coup sur coup que :

— Le principal témoin contre Julian Assange avait reconnu avoir menti sur toute la ligne.

— La CIA avait préparé un plan pour capturer et assassiner Julian Assange, en plein cœur de Londres, quand il était réfugié dans l’ambassade équatorienne.

Cet acharnement judiciaire de la part des États-Unis et de leurs alliés contre un journaliste qui n’est même pas américain (Julian Assange est Australien) est intolérable. Julian Assange n’est coupable d’aucun crime, si ce n’est d’avoir fait son travail de journaliste et d’avoir informé.

Sauver Julian Assange

S’il est extradé aux États-Unis comme cela semble se profiler, il sera jugé pour divers motifs fallacieux comme « haute trahison » ou « atteinte à la sécurité nationale ». Et sa peine est déjà connue à l’avance : 175 ans de prison.

Il est absolument inadmissible que les médias français n’aient jamais lancé la moindre campagne médiatique pour le soutenir. La gauche française a un rôle central à jouer dans la défense de Julian Assange..

Si la gauche ne se mobilise pas, Julian Assange va mourir en prison aux États-Unis.