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Rugby : l’histoire folle de la fusion avortée stade Français/ Racing 92

Lundi 13 mars 2017, 11h10 les amoureux du rugby sont sous le choc. La nouvelle tombe. Par simple communiqué de presse, les présidents et propriétaires du Stade Français Paris et du Racing 92 annoncent une fusion entre leurs deux clubs.

Cette décision est d’autant plus brutale que ni les employés, ni les supporters et ni les joueurs des deux clubs n’étaient dans la confidence. Le capitaine du Stade Français Paris, Sergio Parisse, en Italie pour les 6 nations, brisera le silence jeudi en twittant qu’il a été informé de cette fusion… sur Twitter ! Symbole d’une dérive ou l’argent roi ne tient pas compte de l’humain.

Un rachat qui ne passe pas côté parisien

Du côté Parisiens, la nouvelle ne passe pas. Derrière cette fusion de façade c’est bien un rachat déguisé du Stade français, monstre de 134 ans et 13 fois champions de France, par le président du Racing 92 Jacky Lorenzetti qui a lieu. Un homme va monter aux créneaux c’est l’ancien capitaine du XV de France et actuel vice capitaine du Stade Français Pascal Pape. Il va devenir le porte parole de la lutte non seulement des joueurs (en grève) et des supporters mais aussi de la cinquantaine d’employés du Stade Français dont les postes sont menacés par cette annonce.

Néanmoins les logiques capitalistes et dénués de réalités sportives et culturelles des deux présidents vont se heurter à une réalité implacable : la fusion ne peut avoir lieu, les oppositions au projet sont trop nombreuses. D’abord la mairie de Paris, qui a investi 110 millions d’€ pour la construction du nouveau stade Jean Bouin et ou réside le Stade Français. Anne Hidalgo, appuyé par le chef du groupe communistes/front de gauche, à la mairie de Paris Nicolas Bonnet et de Pierre Laurent (sénateur de Paris) s’opposent à ce projet. Les présidents des deux clubs seront d’ailleurs convoqués pour une réunion assez houleuse dans le bureau d’Anne Hidalgo le vendredi après-midi.

Puis c’est au tour de l’association « stade français », propriétaire de la licence auprès de la fédération de s’opposer à ce projet. En effet, la « fusion » signifierait la fin de la section rugby et de l’école de rugby de ce club omnisport. Enfin, c’est sans doute le refus de la fédération qui mettra à terre le projet de fusion. En effet, le président de la fédération (et ancien entraîneur du stade français) Bernard Laporte s’oppose à ce projet. Il enverra d’ailleurs dès le premier jour, soutenir dans les joueurs en lutte, son premier vice président et ancien joueur du Stade Français, Serge Simon.

La fin d’un projet qui n’aurait jamais dû voir le jour

La bonne nouvelle tombera dimanche 20 mars 12h quand le Racing 92 annonce l’arrêt de la fusion. Là encore par simple communiqué. Sans doute que les trop nombreuses oppositions au projet, et l’arrivé en groupe des 45 joueurs, staffs et employés du Stade Français tous de rose vêtus à la ligue de rugby vendredi matin pour réunion pour sortir de l’impasse ont sonné le glas d’un projet qui n’aurait jamais dû voir le jour.

Cette crise, la plus grande de l’histoire du rugby professionnelle couplée aux résultats décevants du XV de France depuis 2011 est symptomatique d’un rugby professionnel malade du capitalisme et de ses intérêts.

 

Naïm (69)

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde