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EDITO

Sélectionner en master n’augmente pas la réussite

Chaque année, le site l’Etudiant recense le taux de réussite en master selon les universités. Si la Comue Bourgogne–Franche-Comté atteint pour l’année 2022 le haut du panier avec 82,2 %, le taux de réussite en master s’élève en moyenne à 70 %. 

L’adage des partisans de la sélection, c’est qu’elle favorise selon eux une meilleure orientation, donc une meilleure réussite aux examens. Force est de constater que c’est tout le contraire qui se produit. La réforme sur l’entrée en master mettant en place la sélection en 2017 et durcissant le droit à la poursuite d’études en 2021 a fait baisser le taux de poursuite d’études après la licence. 

En 2016, 72 % des étudiants et des étudiantes de licence poursuivaient en master. Aujourd’hui le taux de poursuite s’élève seulement à 66 % alors qu’il y a davantage d’étudiants en licence que par le passé. En définitive, il y a une hausse de 15 % d’étudiants en licence, mais  il y a moins d’entrées en master donc moins de réussite. 

La sélection entraîne une orientation dans des filières par défaut et laisse sur le carreau des milliers d’étudiants et d’étudiantes qui se retrouvent sans master. La sélection ne s’accompagne jamais de la création de places supplémentaires et du recrutement d’enseignants et de personnel administratif nécessaire. Pire, pour certains masters, c’est une suppression de places qui est en cours comme à Toulouse.

Cette situation risque de s’aggraver avec le projet d’un Parcoursup pour les masters. Il est reporté à 2023 du fait de la mise sous pression du ministère de l’Enseignement supérieur par les mobilisations initiées fin 2021 par l’UEC. 

Alors, pas un pas en arrière ! Continuons d’organiser les étudiants et les étudiantes sur leurs lieux d’études pour mettre en échec la sélection et les mobiliser pour un enseignement supérieur de qualité accessible à toutes et tous.