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SNCF, un an après la réforme les cheminots à nouveau mobilisés

L’arrivée prochaine de la concurrence, pousse la SNCF à la recherche de rentabilité à tout prix au dépens de ses missions de service public. Les agents qui avaient massivement dénoncé la réforme l’année dernière subissent une dégradation de leurs conditions de travail en même temps qu’une dégradation des conditions de service.

Les promesses non tenues du gouvernement

L’année dernière pendant plusieurs mois, les cheminots s’étaient massivement mobilisés pour s’opposer à la réforme de la SNCF. Après plus de 3 mois de grève, les cheminots n’avaient pas obtenu le retrait de la réforme, mais un certain nombre de concessions et de promesses. Le gouvernement et la direction de la SNCF semblent aujourd’hui vouloir revenir dessus. La fin des embauches au statut et la transformation de la SNCF en société anonyme sont prévues pour le 1er janvier 2020 en même temps que l’ouverture à la concurrence.

La convention collective de haut niveau promise n’a toujours pas abouti. En parallèle, les cheminots dénoncent une dégradation brutale des conditions de travail. Les réductions de personnels conduisent à mettre sous pression les agents dégradants à la fois leurs conditions de travail, mais aussi la qualité du service rendu. La SNCF est dans une course à la rentabilité afin de se préparer à l’ouverture de la concurrence. Cette course mortifère conduit un grand nombre d’agents à dénoncer leurs conditions de travail, certains n’hésitant pas à comparer l’ambiance à celle de France Télécom dont le procès des pratiques managériales est en cours.

Des cheminots toujours mobilisés contre les fermetures de lignes

C’est dans ce contexte que les syndicats de cheminots ont appelé à une manifestation nationale mardi dernier. Ce rendez-vous a été un net succès avec plus de 15 000 cheminots qui ont défilé pour faire entendre leurs revendications. Si les conditions de travail occupaient une large place, la réforme de la SNCF n’est toujours pas passé, à la CGT l’abrogation de la réforme de l’année dernière est toujours souhaitée. L’arrivée de la concurrence pousse la SNCF a supprimé des postes et fermer des guichets. Les lignes les moins rentables sont progressivement abandonnées faute d’accord entre les régions et la SNCF.

Du côté du transport de marchandises, c’est le train des primeurs qui amenaient depuis Perpignan des fruits frais à Rungis qui va être supprimé. Les wagons en fin de vie ne seront pas remplacés et des milliers de camions prendront leur place. Le gouvernement annonçait pourtant l’inverse, il y a seulement quelques semaines. Ces conséquences prévisibles étaient pourtant largement dénoncées par les manifestants l’année dernière malgré les dénégations du gouvernement à l’époque.

Un service public du rail pour répondre aux enjeux climatiques et sociaux

La pilule est d’autant plus amère à avaler pour les cheminots que leur outil de travail est une réponse directe aux aspirations exprimées par deux mouvements sociaux d’envergure. Des gilets jaunes qui dénonçaient l’impact du prix de l’essence sur leurs déplacements et leurs conditions de vie, aux lycéens mobilisés pour une lutte réelle contre le réchauffement climatique, le rail et ses gares constituent une solution directe. La généralisation du fret ferroviaire pourrait faire disparaître rapidement plusieurs centaines de milliers de camions des routes.

Un maillage plus important du territoire pour des trains de voyageurs dans les zones les plus périphériques pourrait fortement contribuer à les désenclaver. La présence d’une gare dans un village est également un signe de vitalité en plus de représenter une réponse concrète et écologique aux besoins de déplacement.

En sacrifiant la SNCF sur le dogme du marché, le gouvernement accentue les inégalités territoriales et renonce à lutter contre les émissions de CO2 liés au transport. Si les cheminots sont aujourd’hui les premières victimes, c’est tout le pays qui va subir les conséquences de cette réforme absurde.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde