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SNCF, un mois de grève des cheminots

Le 3 avril dernier, après un coup de semonce le 22 mars, débutait la mobilisation des cheminots, sous la forme de deux jours de grève tous les cinq jours. Au-delà du format original, les syndicats des cheminots, avec au premier rang la CGT, posaient dès le départ un calendrier sur trois mois. Un mois après, où en est la grève des cheminots ?

Un mouvement de grève très suivi

La manifestation du 22 mars a vu près de 25 000 cheminots défiler dans Paris, et ce malgré les nombreuses annulations de trains qui ont empêché de venir sur la capitale plusieurs milliers de cheminots. Quelques jours avant la CGT cheminots annonçait avoir enregistré plus de 400 nouvelles adhésions depuis janvier.

La première journée de grève le 3 avril est massivement suivie avec près d’un cheminot sur deux en grève. Les menaces de la direction notamment sur les modalités de décompte des jours de grèves n’ont pas eu l’effet escompté. Dans son Info-Lutte numéro 1 la CGT cheminots détaille le calendrier parlementaire d’une réforme qui doit alors se faire par ordonnances.

Signe que la mobilisation paie, le gouvernement renonce dès la première journée de grève à procéder par ordonnances. La CGT annonce le 4 avril que 163 AG appellent à la grève les 8 et 9 avril suivants. Pour le syndicat, le renoncement aux ordonnances ne changent pas grand chose dans la mesure où la réforme, elle, ne bouge pas d’un pouce.

Lire aussi : Entretien avec Laurent Brun, secrétaire général de la CGT cheminots

Une inscription dans la durée payante

Le 9 avril, la CGT cheminots annonce avoir recueilli 212 adhésions depuis le 22 mars, la fédération syndicale dénonce également le discours du gouvernement. Ce dernier commence à prendre conscience que le mouvement ne retombe pas et multiplie les déclarations pour faire croire que la loi sera rapidement adoptée. La CGT rétablit la vérité en rappelant le processus législatif au gouvernement !

Le 12 avril, la cagnotte en ligne lancée par des personnalités culturelles a déjà atteint 600 000€, preuve que contrairement aux sondages rabachés à la télé, une part importante des français soutient les cheminots.

Le Président de la République programme deux expressions publiques à la télévision. Le jeudi 12 avril, il est au journal télévisé de 13h sur TF1, au cours duquel il n’hésitera pas à déclarer que « les riches n’ont pas besoin de président ». Le 15 avril, un dimanche soir, il passera 2H38 en compagnie de Jean-Jacques Bourdin et Edwy Plenel à afficher un profond mépris pour les salariés en luttes, mais également les étudiants.

Le 19 avril, appel interpro et jonction avec les étudiants

Si les cheminots occupent le devant de la scène, avec de nombreux reportages scandaleusement malhonnêtes sur les grèves. Le mouvement étudiant contre la sélection, a pris une ampleure nouvelle suite à l’agression fasciste du 22 mars à la fac de Montpellier. L’appel de la CGT à une journée interprofessionnelle de mobilisation le 19 donne un point d’ancrage national pour une mobilisation commune.

Le 16 avril, le gouvernement annonce la filialisation du fret ferroviaire. Cette annonce est dénoncée comme une provocation par la CGT cheminots qui y voit la liquidation de l’activité de fret de la SNCF, qui a été soumise à la concurrence dix ans auparavant.

Des manifestations ont lieu partout sur le territoire. Si la participation n’est pas massive, la journée est tout de même une réussite au regard du contexte. Les vacances scolaires et un quasi-boycott médiatique n’empêchent pas plusieurs dizaines de milliers de manifestants de défiler à travers tout le pays. Etudiants, lycéens, cheminots, fonctionnaires et autres sont côte à côte dans les cortèges.

Le gouvernement contraint de revoir sa copie

La ministre des transports Elisabeth Borne, ancienne directrice de la stratégie à la SNCF, a brillé par son incapacité à mener des discussions honnêtes avec les syndicats de cheminots. Dénoncée par toutes les organisations, elle mène ce qu’elle considère être une concertation, vécue comme une véritable mascarade par tout le monde.

Le premier ministre,  face à une mobilisation qui ne faiblit pas, est finalement contraint d’annoncer une date de réunion avec les syndicats. Rendez-vous est pris le 7 mai prochain, en attendant, la grève continue à la SNCF.

Les cheminots ont massivement montré leur détermination lors des défilés du premier mai, la bataille du rail sera menée jusqu’au bout.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde