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Stage : 1 jeune, 1 solution, vraiment ?

Depuis le début de la crise, le nombre de stagiaires a chuté de près de 20%. À la Rochelle, par exemple, 900 étudiants n’ont toujours pas trouvé de stage cette année, alors même qu’il s’agit d’une condition essentielle à l’obtention de leur diplôme et donc à la validation de leur année. L’Université a dû faire appel aux collectivités, associations et entreprises pour forcer l’accueil de stagiaires.  

Les bureaux d’embauches organisés par le MJCF nous le montrent bien. Les étudiants, qu’ils soient en BTS, à  l’Université ou même en IUT, et même parfois les lycéens et les lycéennes de l’enseignement professionnel sont nombreux et nombreuses à transmettre leur CV et leurs lettres de motivation lors de ces initiatives de solidarité concrète.  

Sacrifiés sur l’autel du profit, les jeunes et les étudiants sont les premiers impactés par les effets de la crise économique et éducative.  Arrivés sur un marché de l’emploi saturé et dégradé où la concurrence est le maître-mot, les jeunes diplômés se ruent sur le peu d’offres de stage existantes dans le pays à défaut de pouvoir être embauchés en emploi stable. 

Qui plus est,  le peu de stages disponibles ne sont pas ou bien trop peu rémunérés, plongeant dans la difficulté nombre de jeunes et d’étudiants. Cette situation risque de s’aggraver dans la mesure où le Gouvernement travaille à un décret visant à réduire la durée des stages à deux mois, durée pour laquelle la rémunération n’est pas obligatoire. Il s’agit là d’une aubaine pour les entreprises qui pourront davantage utiliser les stagiaires de façon gratuite. 

Fin février, le Gouvernement a publié sur sa plateforme, un jeune, une solution de 30 000 offres de stages. Pourtant, cela s’avère une fois de plus insuffisant. En Loire-Atlantique par exemple, 224 offres de stages sont listées alors même que le département compte plus de 60 000 étudiants et étudiantes. Au-delà de ça, les offres sont déconnectées des domaines d’études, de la formation initiale. 

Si la Ministre de l’Enseignement supérieur et la recherche a évoqué que les absences en stage ne pénaliseraient  en rien les étudiants et les étudiantes, aucune solution ambitieuse n’a pour l’instant été apportée. 

Cette situation n’est pas nouvelle. La difficulté de trouver un stage existait bien avant la crise. Combien d’étudiants et d’étudiantes ont dû passer des semaines à chercher un stage correspondant à leurs aspirations ? Combien d’étudiants et d’étudiantes ont dû se rabattre sur des stages ne leur convenant pas, ou sur des services civiques sous-payés faisant office de stage ? 

La période  de pré-professionnalisation est marquée par le contrat d’exception qu’est le stage. Symbolisé par une convention, le stage s’avère être un emploi déguisé, sous-rémunéré, permettant de précariser une fois de plus les jeunes. De plus, les stagiaires sont trop souvent relégués au second plan, ne leur permettant pas de se former professionnellement. 

Le Gouvernement est une fois de plus silencieux face à cette situation et laisse des milliers de jeunes et d’étudiants sur le carreau. L’urgence est aux garanties, et à l’investissement dans la jeunesse : le 8 avril, mobilisons-nous contre la précarisation de nos stages, de nos études.