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INTERNATIONAL

Syrie : Vers une partition ?

Le 18 juin, l’armée américaine annonce avoir abattu un avion syrien dans les alentours de Raqqa. Le 19 juin, l’armée russe répliquait en annonçant que tout avion de la coalition à l’ouest de l’Euphrate serait pris pour cible.

Depuis la reprise d’Alep par le régime syrien, les groupes armés sont en position difficile au nord du pays. La frontière Turco-syrienne est aux mains de l’armée turque qui a lancé une double offensive contre Daesh et les forces kurdes.

Au sud, la reprise des frontières israéliennes et jordanienne par Damas serait une question de temps. Les livraisons de lance roquette par les américains ne devraient pas changer fondamentalement le rapport de force. Dans plus en plus de zones, les rebelles sont contraint à des “accord de réconciliations”, les combattant peuvent évacuer librement en échange de la fin des bombardements et des sièges imposés à des zones urbaines.

A l’est, les Forces Démocratiques Syriennes composés des combattants Kurdes du PYD (proche du PKK turc), avancent sur Raqqa avec le soutien de la coalition anti-daesh, largement dominé par les États-Unis. Le régime syrien cherche lui aussi à avancer vers la frontière irako-syrienne.

L’action des puissances impérialistes en Syrie

L’Iran est présent en Syrie depuis le début du conflit, appuyant militairement le régime aussi bien en matériel qu’en “conseillers”. Pour l’Iran il s’agit de préserver un de ses rares alliés dans la région, les autres pays étant alignés sur la position américaine. Il s’agit également pour la république islamique de montrer sa puissance militaire à ses voisins notamment l’Arabie Saoudite.

La Russie intervient militairement que depuis septembre 2014, mais a apporté avant un soutien matériel déterminant à Damas. Pour la Russie, il s’agit également de préserver un allié, mais aussi une implantation militaire, c’est également la possibilité de démontrer sa capacité de projection militaire.

Les Etats-Unis, ont eu plusieurs attitudes vis à vis du conflit.  Les avions américains interviennent en Syrie, officiellement, uniquement contre le groupe “état islamique”. A l’inverse de l’Iran et de la Russie, ils ne bénéficient pas de l’autorisation formel du gouvernement syrien, et sont donc dans l’illégalité aux regards du droit international.

L’organisation état islamique avait permis d’avoir sur un même théâtre de guerre, russes et américains sans opposition directe entre ces forces.

Après avoir un temps laissé penser l’inverse, Donald Trump a manifesté plus violemment encore que le gouvernement précédent son opposition au régime syrien.  Les tirs de missiles contre un aéroport militaire du régime en réponse à une attaque chimique en ont été le premier geste.

Le morcellement de la Syrie semble acté

La réaction de la Russie à la destruction d’un avion syrien par les Etats-Unis a été est lourde de sens. La Russie n’a pas cherché à convoquer le conseil des sécurité de l’ONU, n’a pas cherché des excuses de la part de Washington. Moscou a répondu en traçant une frontière. L’Euphrate.

Ce fleuve traverse la Syrie depuis le nord jusqu’au milieu de sa frontière avec l’Irak. En annonçant son intention de ne plus laisser les avions de la coalitions passer à l’ouest, la Russie reconnaît implicitement le fractionnement de la Syrie.

Une nouvelle séance de pourparler a été annoncé et devrait se tenir les 4 et 5 juillet prochain à Astana au Kazakhstan précédant un 7e cycle de négociation à Genève. Cependant la perspective d’une Syrie en paix et unie paraît bien loin aujourd’hui.

Rédaction
Collectif de rédaction d'Avant Garde