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Uber attaqué pour salariat déguisé

Dix chauffeurs VTC assignent Uber au conseil des prud’hommes de Paris ce vendredi. Au total une centaine de dossiers devraient être déposés dans les jours à venir. Ils accusent la plateforme d’entretenir un “salariat déguisé” des chauffeurs.

Le mythe s’effrite

Ces derniers sont pourtant censés être des travailleurs indépendants selon cette forme d’économie dite “collaborative”. Dans les faits, ils sont effectivement propriétaires de leur principal outil de travail, le véhicule. Mais la réalité quotidienne est bien loin du mythe du jeune travailleur indépendant qui fait fortune en dehors du salariat grâce à une forme d’économie révolutionnaire…

La réalité c’est d’abord un temps de travail considérable, allant parfois jusqu’à 70 heures par semaine, pour seulement 1000 € nets par mois. La raison est simple, ces travailleurs n’ont d’indépendant que le nom, car tout leur est imposé par les plateformes (Uber, Chauffeur Privé, LeCab, etc…). Temps de travail, tenue vestimentaire, tarif, rien n’est laissé à l’initiative des chauffeurs, tout est imposé.

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La bataille ne fait que commencer

C’est cette “hyperdépendance” qu’il faut démontrer face aux juges comme le précise M e Jean-Paul Teissonière, l’avocat des chauffeurs. En clair il s’agit ni plus ni moins d’exploitation de ces travailleurs, et ce sans qu’ils soient protégés par un contrat de travail. L’objectif pour les chauffeurs est donc d’obtenir la requalification en statut de salarié pour en finir avec cette exploitation accrue.

Sous couvert de modernité, cette forme d’économie tant appréciée par le candidat de la finance, Emmanuel Macron, n’est en fait rien d’autre qu’un retour en arrière sans précédent. Les combats des chauffeurs VTC ne sont pas nouveaux mais l’adversaire est puissant. La bataille ne fait donc que commencer.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde