Rédaction | Avant Garde
EDITO

Uber Files : Macron, meilleur ami du néolibéralisme !

Il fait mine d’assumer, et pourtant il a tout fait pour cacher ses liens compromettants avec Uber. Le journal Le Monde a révélé comment Emmanuel Macron s’est investi pour soutenir l’implantation d’une multinationale américaine pourtant inquiétée par la justice française.

Je ne suis pas étonné. Voilà dix ans que Macron est le chantre de l’ubérisation du travail. Avec lui, c’est toujours moins de protection sociale pour les salariés, toujours plus de profits pour le CAC 40 et de dividendes pour les actionnaires. Les lois parmi les plus régressives pour le monde du Travail portent même son nom ! On a même surnommé « bus Macron » le mode de transport le plus dérégulé et aberrant. 

On était d’ailleurs prévenu de la collaboration intense et antirépublicaine entre la macronie et la finance depuis l’affaire McKinsey.

Et pourtant, je suis choqué de ses révélations. Choqué qu’un ancien ministre devenu président de la République ait aidé une opération de lobbying pour favoriser une activité jusque-là illégale. Choqué de la stratégie machiavélique d’implantation d’Uber : déroger délibérément à la loi afin d’obtenir une dérégulation.

Un ministre ne devrait pas faire ça…

En effet, l’entreprise californienne a fait le choix d’une installation en France et en Europe sans aucun cadre légal, sans aucun respect de la loi en matière fiscale et sociale, instaurant une concurrence déloyale pour les taxis, et provoquant sciemment des violences dans une stratégie du chaos. Pour esquiver la justice, ils ont même inventé un mécanisme et un protocole pour protéger leurs données en cas de perquisition !

Selon l’enquête journalistique, Macron alors ministre de l’Économie a soutenu Uber en les rencontrant pas moins de quatorze fois et échangeant avec eux régulièrement par textos. Des gens pourtant inquiétés pour fraude fiscale et sociale. Des gens condamnés pour pratiques commerciales trompeuses et complicité d’exercice illégal de l’activité de taxi.

Un ministre ne devrait pas discuter avec de tels interlocuteurs qui piétinent le droit français. Au contraire, Macron a modifié la loi dans le sens de leurs attentes, y compris en dévalorisant les savoir-faire et la sécurité des usagers par la réduction des heures de formation.

Le lanceur d’alerte qui a révélé des dizaines de GO de documents était lui-même responsable du lobbying chez Uber. Dans un esprit de revanche et de remords, il a donné des informations essentielles pour éclairer le débat public sur la libéralisation du marché du travail.

Alors que Deliveroo a récemment été condamné pour travail dissimulé, il est plus que temps de siffler la fin de la récré pour ces patrons voyous qui écrasent les droits des travailleurs !