Rédaction | Avant Garde
Social-Eco

Un déconfinement des luttes !

Ce mois de janvier 2021, les travailleurs et les travailleuses comptent bien le placer sous le signe des luttes ! Alors que les attaques se multiplient contre l’emploi, contre les salaires, contre l’industrie et nos services publics, de nombreuses entreprises et secteurs appellent à la mobilisation au cours du mois de janvier, avant une journée de grève et une manifestation interprofessionnelle le 4 février. 

En lutte contre les licenciements 

Le patronat compte manifestement sur le prétexte de la crise sanitaire pour imposer sans contestation un agenda de destruction d’emplois et de régressions sociales souvent prévu de longue date.

Les intérimaires et les salariés disposant d’un contrat précaires ont été les premièr.e.s touché.es par cette stratégie. Selon l’INSEE, 800 000 postes d’intérimaires avaient été supprimés dès la première vague. Aujourd’hui, les plans de licenciements viennent s’ajouter à cette privation d’emploi. 

L’Humanité tient à jour une carte des licenciements (https://www.humanite.fr/troisieme-vague-sociale-la-carte-des-licenciements-les-mesures-pour-limiter-la-casse-698295) qui révèle une accélération des destructions d’emplois que ce soit par de nouvelles annonces, comme chez Boiron, ou parce que la crise sanitaire sert d’alibi supplémentaire à des plans de licenciements en cours, comme chez Renault, AirFrance, General Electric et tant d’autres. 

Par l’ampleur des destructions d’emplois, les atteintes à la souveraineté industrielle ou l’abandon d’industries nécessaires à la transition écologique, certaines mobilisations, comme celles des Cargill, de Grandpuits ou de la Chapelle Darblay ont des retentissements nationaux et mettent en lumière la détermination des travailleurs.euses et de leurs syndicats pour la défense de l’emploi. 

Des luttes victorieuses comme celle d’Ascoval (https://fb.watch/2-Rr32RT8I/) prouvent que la mobilisation est payante et qu’il est possible de faire reculer le patronat et d’obtenir la victoire. 

Les salarié.es sont partout en lutte contre ces licenciements, et pointent la responsabilité du patronat, mais aussi d’un gouvernement qui inonde le grand capital d’aides publiques en encourageant la course aux profits, au prix d’une catastrophe sociale. 

Une multiplication des mobilisations sectorielles

Les inquiétudes touchent des secteurs entiers, et des appels à la mobilisation sont lancés par plusieurs intersyndicales sectorielles. 

Le 19 janvier, les travailleurs.euses de la culture ouvriront le bal avec une revendication simple « Nous voulons travailler ». 

Abandonnés par un gouvernement qui a classé la culture parmi les activités non-essentielles, les travailleurs.euses du secteur dénoncent l’impossibilité pour beaucoup d’entre elleux de remplir les conditions nécessaires à l’obtention du statut d’intermittent, un manque d’adaptation des revenus de remplacement et de leurs critères d’attribution face à la baisse d’activité, et surtout la baisse d’activité elle-même ! 

Alors que nombre de nos voisins ont maintenu ouvertes les salles de spectacle, les théâtres et les cinémas avec des mesures sanitaires adaptées, le gouvernement français refuse d’envisager une telle solution et le ministère de la Culture brille par son manque de transparence et de planification d’une sortie de crise. 

Au-delà de la situation des travailleurs.euses du secteur, ces choix politiques portent atteinte à l’ensemble de la population, l’accès aux activités culturelles pour toutes et tous restant une revendication démocratique majeure. 

Le même jour, le secteur de l’énergie sera en grève face à la menace de démantèlement de l’industrie électrique nationale par le projet Hercule (https://www.lavantgarde.fr/cedric-liechti-cgt-energie-paris-nous-revendiquons-aujourdhui-lembauche-statutaire-de-tous-les-sous-traitants-et-prestataires-ils-sont-des-milliers-et-souvent-tres-jeun/). Les travailleurs.euses du secteur seront en lutte contre la réorganisation destructrice du groupe EDF et pour l’embauche au statut des IEG des sous-traitants et prestataire, pour la reconquête d’un service public de l’électricité unifié, nationalisé et au service des usagers. 

La grève du 19 janvier sera la 4ème journée de mobilisation du secteur en 2021, et se poursuivra, au moins par la journée de mobilisation du 28, d’ores et déjà annoncée par l’intersyndicale. 

Les travailleurs.euses de la santé et du social sont elle et eux appelé.es à se mobiliser le 21 janvier, pour exiger l’embauche massive de soignant.es dans les hôpitaux, des revalorisations salariales, l’ouverture de lits, et des moyens supplémentaires pour faire face à la crise sanitaire. En première ligne face à la pandémie, et à bout de souffle après des années de destruction méthodique, le service public de santé aura besoin de la mobilisation de tous.tes tant il devient vital d’arracher au capital les moyens de garantir l’accès au soin et la qualité de vie au travail des soignant.es. 

Alors que l’ouverture des établissements scolaires et le protocole sanitaire du ministère continuent d’interroger, les personnels de l’Éducation Nationale et leurs syndicats appellent à une journée de grève le 26 janvier. 

L’intersyndicale a formulé des revendications claires pour un large plan d’embauches et des revalorisations salariales, notamment pour les AED et AESH, dont la rémunération ne devrait pas augmenter cette année, selon les annonces du gouvernement. La revendication d’un dégel du point d’indice sera d’autant plus centrale que toutes les fédérations de la fonction publique au sein de la CGT ont décidé de lancer une grande campagne commune pour une augmentation générale de 10 % dans l’ensemble de la fonction publique. 

Une grande journée de mobilisation interprofessionnelle le 4 février

Point d’orgue de cette séquence d’accélération et de multiplication des luttes dans le pays, la journée du 4 février fait l’objet d’un appel interprofessionnel national à la grève. 

La CGT appelle l’ensemble des salarié.es en lutte à construire ce jour une mobilisation unitaire interprofessionnelle pour imposer au patronat et au gouvernement par le rapport de force le respect du droit au travail. 

Les revendications répondent aux inquiétudes de milliers de travailleurs et travailleuses à travers le pays. Partout, les défilés et les piquets de grève demanderont la suspension des plans de licenciement, la suppression des dividendes, l’emploi de 500 000 agents dans la fonction publique, des conditions strictes à l’obtention des aides de l’État et la réduction du temps de travail avec la semaine de 32h.