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EDITO

Un déconfinement qui s’annonce chaotique

Après l’annonce il y a déjà deux semaines de la date de déconfinement au 11 mai par le Président de la République,  c’était au tour mardi du premier ministre  de dévoiler les mesures prises pour rendre effective cette sortie de crise.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces annonces n’ont pas permis de répondre aux questions et inquiétudes que se posaient les Français, bien au contraire. D’ailleurs, près des deux tiers des Français n’ont pas confiance dans les mesures annoncées. La désorganisation et le flou des mesures prises annoncent donc une reprise chaotique. 

La réouverture de l’école est au centre de la stratégie de déconfinement. Pourtant, aucune mesure n’a été annoncée sur le contenu pédagogique lors de cette reprise des cours. La limitation à quinze élève par classe sans embauche de personnels ni de réquisitions de locaux semble compliquée à tenir. En annonçant une reprise sur la base du volontariat, l’exécutif semble avoir définitivement renoncé à vouloir donner un sens à la reprise de l’école. La réouverture des écoles pour des raisons prétendument sociales ne tient pas non plus  la route au vu des conditions de reprise. En réalité, le gouvernement voit dans la reprise des cours la possibilité pour les parents d’aller travailler sans devoir garder leurs enfants. Sans l’assumer, l’exécutif réduit la reprise de l’école à une simple garderie.

Au flou de ces mesures s’ajoutent le cass-tête des transports scolaires et de la restauration que le gouvernement a préféré déléguer aux collectivités territoriales, prétendant s’appuyer sur la “connaissance de terrain” des acteurs locaux. 

Le Premier Ministre a également annoncé une reprise partielle des transports en commun urbain. L’exemple de l’Île de France est d’autant plus parlant.  Malgré une reprise limitée à 70% des métros, les règles de distanciations sociales devront s’y appliquer. C’est peu connaître le réseau de transports en commun des grandes villes de France particulièrement celui francilien pour annoncer qu’une telle chose est faisable. Ce réseau est le plus dense du monde. La croyance en la possibilité de combiner distanciation sociale et reprise du travail en dit long sur la méconnaissance du premier ministre de la réalité quotidienne d’une partie de ses concitoyens. 

La date du 11 mai semble avoir été décrétée en urgence par le Président de la république. Celle-ci semble avant tout répondre à un enjeu de relance de l’économie. La confusion dans laquelle le déconfinement est préparé et l’incapacité des ministres de répondre aux interrogations alors que l’échéance s’approche à grands pas est inquiétante et laisse présager une deuxième vague épidémique après le 11 mai. 

Si la reprise de certains secteurs, notamment l’école, est essentielle, celle-ci ne peut se faire que lorsque les conditions et les mesures sanitaires le permettront. Aujourd’hui force est de constater que ce n’est pas le cas.