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EDITO

Une rentrée universitaire chaotique ! Il faut anticiper le retour en présentiel !

La perspective d’un retour sur les bancs des universités s’éloigne de plus en plus. Pourtant, le 4 décembre dernier, le Président de la République annonçait au média Brut l’objectif d’une reprise des TD en présentiel, et des cours en demi-amphi, début janvier. 

La circulaire du Ministère de l’Enseignement supérieur et la Recherche, qui n’a été  publiée que le 19 décembre, soit à la veille des vacances de Noël, est bien moins ambitieuse. Elle prévoit que les universités organisent une reprise en présentiel par groupes de 10 pour les étudiants et les étudiantes les plus vulnérables. 

A partir du 20 janvier, les TD pourraient reprendre seulement si les conditions sanitaires le permettent. Uniquement pour les étudiantes et étudiants en première année, et dans la limite de 50 % de la capacité d’accueil des salles d’enseignement.

Nous sommes loin des annonces d’Emmanuel Macron, et une fois de plus la rentrée a été insuffisamment préparée par le Ministère, et sans moyens supplémentaires, pourtant demandés depuis le printemps dernier par les organisations syndicales. Une fois de plus, les universités doivent mettre en place des consignes dans un délai très court, et  nombre d’entre elles n’ont pas les  moyens matériels et humains pour les appliquer. 

Les critères de sélection des étudiants et étudiantes pouvant reprendre les cours en présentiel ont été définis  par les universités elles-mêmes. Et rares sont les étudiants qui étaient informés des modalités de la rentrée le 4 janvier. Certains établissements n’organisent pas ces cours en petits effectifs , le mois de janvier étant consacré aux  examens dans la plupart des universités.

L’annonce médiatique d’un retour en présentiel par paquet de 10 est une façon de faire passer la pilule de l’impréparation du Gouvernement et d’un manque d’anticipation  tant  pour cette rentrée que pour parvenir à l’objectif d’un retour en présentiel des étudiants et des étudiantes. 

Le constat d’un décrochage massif, d’une dégradation des formations, et d’une précarité qui explose, n’a pas fait bouger le Gouvernement.  Les universités se retrouvent à organiser un bricolage de dernière minute et à faire revenir seulement une dizaine d’étudiant·e·s sur les centaines par promotion. Dans le même temps, les classes préparatoires ont pu tenir leur cours de façon normale, force est de constater que ce n’est pas la logique sanitaire qui s’applique ici. 

Les organisations étudiantes et les organisations de jeunesse rassemblées à l’initiative de l’Union des étudiants et des étudiantes communistes revendiquent la mise en place de moyens humains et matériels conséquents pour permettre un retour en présentiel le 20 janvier prochain pour l’ensemble des étudiants et étudiantes,  en même temps que la reprise dans le secondaire.  Le renforcement du service public de l’Université, plutôt que sa destruction, c’est ce qui permettra de reprendre les cours, rattraper le retard, mais également assurer la sécurité de l’ensemble de la communauté universitaire face à l’épidémie.