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Université d’été : le parti communiste à l’offensive pour cette rentrée

Le parti communiste français a tenu son université d’été le dernier week-end d’août à Malo Les bains. Crise sanitaire oblige, celle-ci s’est tenue dans un format peu ordinaire.  

Cette année l’université d’été s’est déroulée sur une seule journée, avec port du masque obligatoire lors des conférences. Pourtant, malgré ces conditions exceptionnelles qui auraient pu en rebuter plus d’un, les communistes sont venus en nombre. Pas moins de cinq cents militantes et militants communistes étaient présent dans la ville du Nord de la France pour assister à la rentrée politique de leur parti.  

Conférences sur le centenaire du parti, sur les dernières mobilisations de la jeunesse face au racisme, sur la rentrée scolaire… Les sujets étaient riches pour préparer au mieux cette rentrée. Mais l’événement le plus marquant de la journée était sans aucun doute l’intervention du secrétaire national du parti communiste et député du Nord : Fabien Roussel. 

La rentrée sociale, priorité du PCF  

De nombreuses personnalités politiques et syndicales ont fait le déplacement pour assister au discours de Fabien Roussel notamment le député insoumis des Bouches du Rhones : Jean-Luc Mélenchon et le numéro un de la CGT : Philippe Martinez.  Pendant plus d’une heure, le secrétaire national a harangué les militantes et militants venus en nombre pour l’écouter. 

Alors que les universités d’été des autres partis à gauche avaient comme ligne de mire les les échéances présidentielles de 2022, le PCF a affiché une toute autre priorité. 

Dans une interview accordé à l’Humanité, Fabien Roussel a annoncé “Les élections, c‘est dans sept mois pour les régionales et départementales, vingt mois pour les présidentielles et législatives. Mais les licenciements, c’est aujourd’hui, c’est donc maintenant qu’on doit se battre, c’est le coeur de notre université d’été.”

Cette priorité s’est ressentie tout au long de son discours. Pendant près d’une heure, le secrétaire national du parti de la place du colonel Fabien a fustigé la politique gouvernementale qui aggrave la crise économique.  Il a pris pour exemple les nombreuses usines et entreprises dans lesquels il s’est rendu ces dernières semaines pour échanger avec les salariés. Il a cité l’exemple de Verallia à Cognac qui exporte sa production de verre dans les pays de l’Est laissant près de 200 salariés sur le carreau et versant à côté plus de 100 milliards d’euros à ses actionnaires. Mais aussi Simra, usine de l’aéronautique implantée à Albert dans la Somme qui annoncé un grand plan social ou encore Derichebourg à Toulouse où 160 salariés ont été licencié après avoir refusé de perdre une partie de leur rémunération. 

Tout autant de salariés qui sont en train de payer les frais de la crise économique et des choix gouvernementaux. Le parti communiste dénonce la politique du gouvernement qui cherche à diminuer “le soi-disant coût du travail” plutôt que d’investir massivement contre le chômage. Le Parti Communiste met des solutions sur la table : réinvestissement dans les services publics avec des embauches et des formations, relocalisation de l’industrie, investissement en faveur de l’écologie, pour la rénovation thermique des logements, le développement du ferroviaire, etc. 

Priorité de la rentrée : “zéro jeune au chômage”

La jeunesse est fixée comme la première priorité de cette rentrée pour le parti communiste. Le secrétaire national a fixé comme objectif : “zéro jeune au chômage”. Les jeunes payent un lourd tribut depuis l’arrivée de la crise économique. Occupant les postes les plus précaires, ce sont eux les plus touchés par la montée du chômage. Les plans de licenciements, la diminution des missions d’intérims, la suppression d’emplois saisonniers… Selon l’Organisation international du travail (OIT), plus d’un jeune sur six a déjà perdu son emploi depuis le début de la crise économique. L’été fut rude pour une grande partie des jeunes. La rentrée ne s’annonce pas moins compliquée. Aux suppressions d’emplois vont s’ajouter les 750 000 jeunes ayant fini leur formation arrivant sur un marché de l’emploi dégradé et quasi saturé à compter du mois de septembre. De plus en plus de jeunes vont se retrouver sur le carreau avec peu voire aucune source de revenu pour celles et ceux qui n’auront pas encore travaillé. La précarité qui est déjà une réalité quotidienne pour de nombreux jeunes va s’aggraver au fil des mois.

Le parti communiste veut apporter une solution à ces millions de jeunes qui se trouvent lésés par la crise économique et les réformes libérales du gouvernement. Derrière l’objectif de “zéro jeune au chômage”, le parti veut sécuriser les parcours. Il souhaite un investissement massif dans la formation et l’emploi. Notamment à travers un système de pré-recrutement dans le service public qui permettrait aussi bien de former les jeunes que de donner un débouché professionnel viable. Mais aussi en permettant de créer davantage de place en formation initiale afin que chaque jeune puisse suivre la formation de son choix. Ou encore, en interdisant également les licenciements boursiers et les recours aux contrats précaires (intérim, CDD…). 

Ce projet ne se veut pas un projet de relance de l’économie mais bien de construction ou de reconstruction d’une nouvelle société société. Fabien Roussel l’a répété tout au long de son allocution, il ne s’agit pas de refaire la société d’avant mais bien d’en construire une nouvelle. Une société  qui met “l’humain et la planète d’abord”.

Et les élections de 2022 ? 

Le parti communiste s’est inscrit à contre-courant de ses confrères de gauche qui rêvent déjà des élections présidentielle. Pour lui la priorité c’est d’abord d’apporter une réponse politique concrètes aux millions de salariés ou futurs salariés qui font fassent à une crise économique inédite et subissent de plein fouet les politiques libérales du gouvernement. 

A la fin de son discours, le secrétaire national du parti communiste a tout de même eu un mot sur les présidentielles en annonçant : “si chacun justifie sa candidature, les uns pensant que l’écologie est au centre de tout, d’autres pensent qu’ils sont légitimes par rapport à leur dernier score à l’élection présidentielle, d’autres pensent qu’il faut un candidat à gauche à tout pris, qu’importe le programme. Et si tous ceux-là pense que le parti communiste ne présentera pas de candidat en 2022, vous vous trompez”.

C’est donc un parti à l’offensive qui sort de cette université d’été. Il va s’atteler dans les jours, semaines qui viennent à unir dans l’action, à rassembler les français autour d’un projet pour sortir de cette crise économique par le haut. C’est ainsi que le parti communiste a dores et déjà appelé à participer massivement à  la mobilisation du 17 septembre à l’appel de la CGT. Première date de la rentrée sociale du pays. Mais le parti communiste ne s’arrête pas là et a pris les devants en posant une nouvelle date de mobilisation nationale le 10 octobre prochain. Cette journée de mobilisation doit porter les revendications des salariés en lutte et porter un contre projet au plan de Castex.   

“Agir, unir, gagner” ce sont les trois mots de fin du discours de Fabien Roussel. Il montre ici la détermination du parti communiste à rassembler le plus largement possible les travailleurs du pays afin d’arracher de nouvelles victoires.