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Éducation

Université : la honte du tirage au sort

Alors que les élèves de terminale sont en train de passer leur bac, ils sont encore des milliers cette année à ne pas avoir été acceptés dans la formation de leur choix. Le cas le plus emblématique est celui de ceux qui ont été privés d’inscription dans un filière universitaire dite « sous tension » par tirage au sort.

Unanimement dénoncé, ce procédé devrait selon une récente déclaration de la ministre de l’enseignement supérieur disparaître l’année prochaine. Elle a notamment déclaré qu’il était nécessaire que l’augmentation démographique  s’accompagne d’une augmentation budgétaire.

Dans un contexte d’austérité on peut craindre que ce ne soit pas la solution retenue par le gouvernement ou du moins que l’augmentation budgétaire ne soit pas à la hauteur des besoins. De nombreuses voix se font entendre pour aller vers une université plus élitiste avec une sélection à l’entrée. Cependant l’UNEF rappelait le 30 mai dernier dans un communiqué que :

Ainsi, la mise en place de la sélection, quelle que soit sa forme, ne peut être la solution. Cela aurait pour conséquence de mettre à mal l’objectif de démocratisation de l’enseignement supérieur tout en renforçant la reproduction sociale. Face aux évolutions de la société, robotisation, transition écologique, etc. le besoin de jeunes diplômés de l’enseignement supérieur est en constante augmentation. Le livre blanc de l’enseignement supérieur rappel ainsi qu’entre 2015 et 2025 nous devons nous attendre à une baisse de plus de 25% des emplois peu qualifié et à une hausse de plus de 30% des emplois qualifiés.

De son coté  l’Union des Etudiants Communistes a également réagit mettant en avant la nécessité de réinvestir dans l’enseignement supérieur, notamment en mobilisant les montants alloués au Crédit Impôt Recherche.

Cette année pour leur inscription dans le supérieur, des milliers de bachelier.es supplémentaires sont concerné.es par le tirage au sort. Cette pratique absurde et injuste s’est développée depuis plusieurs années dans un flou juridique total. Elle n’est pas l’effet du hasard mais bien de choix politiques, qui ont conduit au désinvestissement public dans les établissements.

Contre cette pratique, des voix de plus en plus nombreuses s’élèvent. C’est sans doute ce qui a conduit Frédérique Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, à faire connaître son souhait d’« en finir avec le tirage au sort ». Si l’on ne peut que saluer cette annonce, force est de constater qu’aucune mesure concrète ne l’accompagne. Les étudiant.es feront donc leur rentrée 2017 sans l’assurance que leur situation s’améliore.

Pour les étudiant.es communistes, la seule solution viable face au tirage au sort est de commencer dès maintenant à réinvestir dans l’enseignement supérieur, en priorité dans les universités et établissements en grande difficulté. Cela permettra de couper court aux fermetures de filières mais aussi d’en finir une bonne fois pour toutes avec le tirage au sort. Pour financer cette priorité, le gouvernement doit renoncer à une partie du Crédit Impôt Recherche, un dispositif irresponsable coûtant 6 milliards d’euros par an aux contribuables.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde