CC BY-SA 3.0 | Remi Jouan
FRANCE

Valls avec Macron

L’ancien Premier Ministre, Manuel Valls, a annoncé ce matin qu’il votera pour Emmanuel Macron dès le premier tour de l’élection présidentielle. Il aura donc fait durer le suspense jusqu’à aujourd’hui quant à son ralliement au candidat des banques, de la bourse et du patronat.

Deux mois après sa défaite à la primaire socialiste, l’héritier du quinquennat Hollande ne se plie donc pas à la décision majoritaire de sa formation politique, contrairement à ce qu’il avait pourtant annoncé. La candidature de Benoit Hamon est probablement trop à gauche pour Valls qui invoque aujourd’hui « une prise de position responsable » pour sauver la République.

A coup sûr, il parle de sa République, celle dont il a été le Premier Ministre.  C’est celle de la division et de la répression avec les projets de déchéance de nationalité et de constitutionnalisation de l’état d’urgence. Ou c’est encore celle du déni de démocratie avec l’utilisation de l’article 49-3 à six reprises, la première fois d’ailleurs en 2015 pour imposer la loi qui porte le nom de son ami Macron. Et c’est bien sûr celle de la casse des droits avec en premier lieu la loi travail, elle aussi imposée à plusieurs reprises au mépris de la mobilisation populaire et de la représentation nationale.

Cette déclaration est finalement peu surprenante de la part de celui pour qui la « gauche » n’aura été qu’un tremplin pour se hisser sur les plus hautes marches du pouvoir. L’expérience du gouvernement n’a d’ailleurs pas été un coup d’essai pour celui qui, depuis de nombreuses années, incarne la ligne droitière du PS ; celle qui se voue corps et âme au néo libéralisme ; celle qui ne se reconnait plus dans le nom de « socialiste » ; au final, celle qui gouverne depuis 5 ans.

L’héritier de la politique du gouvernement, incapable de soutenir un candidat qui la remet en cause, se tourne donc naturellement vers celui qui l’incarne par excellence.

Il rallie le candidat pour qui la destruction de l’ensemble des acquis sociaux n’est pas un tabou mais un gage de modernité et de responsabilité, le candidat pour qui le retour au XIXème siècle est une voie vers l’avenir.

Rédaction
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Collectif de rédaction d'Avant Garde